Un débat complexe

On porte à mon attention une recension du journal « Le Monde » sur un article de « Nature » sur une possible augmentation du nombre d'ouragans causée par le réchauffement global. J'ai sous le coude un autre article de « Nature », qui dit le contraire. Je vais tenter d'expliquer simplement.

D'abord une définition, un ouragan c'est un des mécanismes qui permet de distribuer vers les Pôles, l'énergie qui s'accumule sous les tropiques. Il y en a d'autres, comme le vent et les courants marins, etc. Si il y a augmentation de la température, donc du niveau d'énergie dans le système, il semble logique que les mécanismes de dissipation de cette énergie travaille plus fort.

Je n'ai pas trouvé l'étude d'Adam Lea que cite « Le Monde » Mais la thèse que l'augmentation du nombre d'ourangans par le réchauffement global est largement étudié et des plusieurs articles très sérieux défendent cette idée. Si cela vous intéresse de lire là-dessus, le bouquin: STORM WORLD de Chris Mooney ( Hartcourt 2007) est très chouette, et il attaque méchamment les républicains des USA que c'est très très jouissif à lire, quand on les déteste comme moi.

Par contre le travail très sérieux de Vecchi et Soden de la NOOA, qui analyse sur toute la période ou on a des mesures la relation entre la température de l'eau à la surfaces des océans tropicaux et la naissance des ouragans, tendrait à démontrer que si cela prend de l'énergie pour que les ouragans ce déclenchent, il ne suffit pas que l'eau soit chaude pour qu'il se passe quelque chose. De plus un papier très sérieux de Seidel, Fu et all. tend à démontrer qu'il y a un élargissement des zones tropicales à cause du réchauffement et que cela diminue le mouvement de cisaillement nécessaire à enclencher le mouvement de rotation des vents qui formera l'ouragan.

Pourquoi je raconte tout cela? Simplement pour dire que dans la prévision du climat ce n'est pas si simple que cela semble, qu'on fait des avancées toutes les semaines, et que les prévisions apocalyptiques ne sont pas certaines. Sauf qu'il est évident que si on met plus d'énergie au centre, il faudra bien qu'elle se disperse, d'une façon ou d'une autre, et que s'il n'y a pas plus d'ouragans, ils seront nettement plus forts.

Le mot « catastrophe » a un sens précis en science: : Modification radicale et brutale d'une situation dont l'évolution avait jusqu'alors été progressive.

Et c'est à cela qu'il faut se préparer. Un changement brutal dans ce que nous considérons comme la situation normale. Que sera-t-elle? Bien difficile à prévoir. Mais c'est l'idée de la cocotte-minute. On met de l'énergie, la température interne monte, et tout à coup, changement de phase, elle se met à siffler.

Sifflons très fort que quelque chose se prépare, on évitera peut-être que la cocotte explose.

Commentaires

1. Le jeudi 31 janvier 2008, 07:26 par veronique

HE! C'est l'histoire que j'ai vecu la semaine derniere avec l'huile sur le feu!?

2. Le jeudi 31 janvier 2008, 10:48 par natilin

je note vite le titre de ce bouquin..... il me plait d'avance :-)

3. Le jeudi 31 janvier 2008, 11:30 par Kinkapricorne

Un bouquin de S.F. que j'ai lu il y a déjà pas mal de temps correspond bien à ton sujet. Il s'agit de "Mothers of storms" en V.O. ou "La Mère des tempêtes" en V.F. de John Barnes (livre de poche n°7235). Ça te flanque la frousse !
Sinon, j'ai trouvé un article in english (que j'entrave que pouic) mais que tu n'as peut-être pas déniché : www.benfieldhrc.org/activ...

(MoukMouk> j'ai bien reçu ton mail, je ne t'oublie pas mais j'ai du courrier en retard comme c'est pas permis !)