Reprise : le Rôle de l'ours

J'achève la préparation du repas, mais ce n'est pas une raison pour vous laisser tomber. J'ai fait un lien à ce billet cette semaine, en parlant de peluche... Finalement je l'aime beaucoup ce truc.

J’ai plusieurs fois parlé des différences qui existent entre les ours. Entre un petit noir et un grand blanc, entre ursus horribilis (le grizzly) et un panda, il y a la distance entre un petit faon peureux, et un taureau qui charge. L’ours pourtant le plus fréquent dont je n’ai jamais parlé, c’est le nounours, l’ours en peluche que traînent presque tous les enfants d’occidents.

Ce qui m’en fait parler c’est la magnifique illustration de Cali. L’ours y est représenté dans une dimension rarement mentionnée. Oui, il sert de lieu de tendresse, oui, on lui répète les consignes du savoir-vivre, l’ours ne sait pas vivre en société. Il est aussi l’ami des pourquoi, non pas celui qui répond, mais celui qui accompagne dans le chemin du questionnement.

L’ours est le sauvage, il est de la forêt. Il sait qu’on ne repasse jamais au même endroit, le sentier se continue sans fin. Bien sûr, si on ne regarde pas, la route c’est toujours de la route, et ça ne ressemble qu’à de la route. Pourtant si l’ennui est évident, la vie se cache dans les détails et c’est par les détails qu’on voit que chaque pas nous entraîne dans un monde neuf. Le sentier, cela ne s’explique pas, ça se marche, c’est ce que l’ours connaît.

L’ours sait aussi l’importance d’apprendre à marcher. Parce qu’il n’y a qu’en avançant qu’on trouve quelque chose. Alors, il faut chercher. Oui, il y a maman qui gueule parce que cela ne va pas assez vite, mais à quoi cela peut bien servir d’aller vite si on ne voit rien? Oui, il est important de marcher parce qu’il faut apprendre à danser. Danser c’est se dire dans le monde, c’est s’accorder au monde.

Oui petite fille, je vais te suivre. Avec la ferme intention de découvrir avec toi, ce que dit la route. Merci de m'inviter à marcher avec toi. Je ferai si nécessaire le spectacle de ma force pour faire fuir ce qui t'empêcherait d'avancer. Mais tes pas sont tes pas, je T'accompagne, je ne te précède pas. Nous sommes « ensemble/seul » même si on veut nous faire croire qu'on est « seul/ensemble » on tente de nous isoler de nous faire croire que la communication n'est pas possible, alors que c'est la vie sans communication qui n'est pas possible. Nous sommes vivants donc communicants.

Il n’y a pas de réponses parce que la route est toujours neuve. Je ne peux pas savoir ce qu’il y a après. Tout ce que je peux apprendre c’est à être prêt. Et la seule façon d’être prêt c’est de voir le monde tel qu’il est, ni comme je voudrais qu’il soit, ni comme on voudrait me fait croire qu’il est.

Je suis l’Ours. Je suis le sauvage dans la vie de l’enfant. Celui qui veut faire voir la vérité de la tendresse, plutôt que de cacher la vérité par la tendresse.

Commentaires

1. Le samedi 14 juin 2008, 23:37 par Saveur

Je trouve ton explication de ce soir infiniment plus claire, Moukmouk, et infiniment plus touchante aussi. Merci.

2. Le dimanche 15 juin 2008, 00:08 par Lise

Très beau billet, et un écho chez moi.
Des bises à l'Ours si sage :-)

3. Le dimanche 15 juin 2008, 03:46 par Dodinette

c'est un tres tres tres beau texte que celui-la. je n'ai pas vu l'illustration de cali mais je l'imagine bien...

en plus, l'ours permet de s'emanciper de maman, et c'est pour ca qu'il est si important pour les mamans aussi... ;)

4. Le dimanche 15 juin 2008, 08:22 par Veronique

Et quand on le perd cet Ours..on est désorientée,déboussolée!!!...Plus D'Ours polaire ni de grande Ours...C'est l;a CAta!!!CATASTROPHE!!!!!

5. Le dimanche 15 juin 2008, 10:13 par Bismarck

Mais les doudous de mes enfants n'ont de l'ours que la tête. Ce sont des ours "civilisés", en pyjama et bonnet de nuit. Très importants pour aller seul dans le vaste monde, même s'ils restent cachés dans un sac, les enfants savent qu'ils sont là.

6. Le jeudi 16 décembre 2010, 17:27 par Tinette

Ohlàlàlà... je n'étais jamais remontée aussi loin dans "le temps de ton blog" !!!! Il faut absolument que je remmette la main sur mon vieil ours en peluche... Celui de quand j'étais toute petite.

Tu crois que je peux venir au bureau avec mon ours Oh je serai raisonnable... je le cacherai dans un tiroir ;-) ... Je vais peut être essayer ;-D

7. Le vendredi 17 décembre 2010, 04:00 par Claire

Pour voir le monde tel qu'il est il faut d'abord savoir qui on est pour pouvoir avancer et ne jamais regarder en arrière.Découvrir le monde c'est se sentir en vie.