Les quotas ne passent pas

Les pêcheurs bloquent les ports du Nord de la France, ils veulent une augmentation des quotas. Donnez leurs des fusils, ils vont se suicider plus vite.

« Comment voulez-vous que les patrons pêcheurs puissent maintenir leurs entreprises en activité s'ils sont contraints de laisser leurs navires à quai pendant huit à neuf mois, dans l'attente de l'octroi du quota pour l'année 2010 ? C'est tout bonnement inconcevable. » Pardon monsieur le pêcheur, mais ce qui est inconcevable c'est de continuer à pêcher.

Toutes les analyses sont on ne peut plus claires. Tous les résultats de cherches vont dans le même sens, les quotas de pêche déjà accordés sont totalement, irrémédiablement et mortellement trop élevés. Les pêcheurs en veulent plus et toujours plus... Ils veulent se lancer dans la course au dernier poisson.

Phillipe Cury chercheur à l'Institut de recherche pour le développement et probablement le plus grand spécialiste des pêcheries du Nord de l'Europe le dit : « La pêche actuelle n'est viable ni écologiquement ni économiquement. » Ça veut dire qu'il faut que tout de suite cesse les excès de la pêche commerciale, sinon vous n'aurez plus de poissons de mer en Europe... pas pour deux mois, plus jamais de poissons de mer.

Le choix me semble extrêmement simple. Ou on arrête la pêche tout de suite, ou on enlève tous les quotas et dans 3 ans maximum le dernier poisson aura été pêché et ce sera la fin. Les pêcheurs des Grands Bancs de Terre-Neuve ont réclamé des augmentations de quotas et maintenant ils travaillent dans l'exploitation des sables bitumeux. Ils ont détruit la plus grande zone de production de protéines du monde, ils l'ont fait en moins de 30 ans. Et ça fait maintenant plus de vingt ans sans qu'il y ait aucun espoir de voir un retour du poisson.

J'invite tous les Européens à s'opposer avec la dernière énergie aux demandes irréalistes des pêcheurs. Si vous voulez que vous enfants mangent un jour du poisson, il faut que cesse le massacre.

Commentaires

1. Le mercredi 15 avril 2009, 18:19 par Dodinette

ce que les gvts devraient faire pour écouter les pêcheurs, c'est tous les recycler, leur payer des formations, les renvoyer à l'école, n'importe quoi pour qu'ils apprennent un autre métier. ÇA ce seraient des subventions intelligentes.

2. Le mercredi 15 avril 2009, 20:22 par Mandrillus Sphinks

ça fait des années qu'on (l'Europe en l'occurrence) leur répète qu'ils tuent la poule aux œufs d'or, des années qu'ils trouvent des politiques nationaux compatissants qui les "défendent" dans la poursuite de leur suicide collectif (et on est nous aussi suicidés au passage), il ne manque pas d'exemple de mer vidées (comme au large des Kerguelen) qui ne se sont jamais renouvelées une fois les populations piscicoles anéanties, et ce malgré une totale absence de pêche, mais non, la fuite en avant continue.
Comme le dit Dodinette, une solution serait de recycler la filière, mais une autre serait d'interdire la pêche industrielle, source de tous les maux, et de retourner à des modes de pêches "durable", en correspondance avec la réalité biologique des mers.
Si et tant que c'est encore possible...

3. Le jeudi 16 avril 2009, 05:49 par La Trollette

la résistance de l'humain à l'idée même de changement me laisse de plus en plus perplexe... mais bon, si les gouvernants les maintiennent dans l'illusion à grands coups de réformes électoralistes et de milliards qui n'existent pas... comment les blâmer? N'empêche que je commence à en avoir par dessus la tête des revendications et autres protestations de ce genre; tout le monde veut tout, tout de suite mais surtout sans remettre en question la façon actuelle de fonctionner, sans vision à moyen terme (je ne rêve même pas pour du long terme).
Tout ça me semble d'une immaturité affligeante, d'un manque de responsabilité flagrant et d'un corporatisme insupportable... c'est vraiment du "chacun pour soi et dieu pour tous" depuis "la criiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiise"...
ça me désole autant que ça me met en colère. Ou l'inverse... ça dépend des jours...
Enfin... qu'ils ne comptent pas sur moi, les pêcheurs... parce que du poisson, je n'en mange quasiment plus. Je n'en veux que du très bon et ça coûte encore bien trop cher pour ma bourse, alors c'est vraiment pas souvent.

4. Le jeudi 16 avril 2009, 18:06 par la Mère Castor

qu'ils ne comptent pas sur moi non plus, mais qu'ils ouvrent les yeux, et vite. Et qu'on leur trouve d'autres moyens de vivre....

5. Le jeudi 16 avril 2009, 23:02 par Lune

Les financiers et les politiques se croient toujours au-dessus des lois de la nature et de la physique :(