Food 2030 Un révélateur

Une très grosse conférence organisée par les Anglais à suivre pour comprendre le désastre où nous mènent nos politiques agricoles.

DEFRA c'est le Department for Environment Food and Rural Affairs, le ministère de l'agriculture de l'Angleterre en quelque sorte. DEFRA a organisé une sorte de commission d'enquête pour tenter d'orienter la politique agricole anglaise pour la prochaine vingtaine d'années. L'originalité de cette démarche, regarder le problème très largement, non seulement dans la perspective de la production de nourriture, mais aussi sur l'impact environnemental, économique, les changements climatiques et surtout les maladies liées au mode de production de la nourriture.

Depuis deux ans déjà des experts et des scientifiques écrivent des gros rapports pour dire ce que je dis ici depuis plus longtemps encore :a) l'industrie de la pêche détruit les fonds marins et prend trop de poissons. b) l'industrie de la viande est totalement insoutenable et fournit des aliments dangereux pour la santé humaine c) la production de céréales basée sur le cycle maïs-soya détruit les sols, consomme trop de pétrole, d) l'Angleterre importe 60% de la nourriture consommée dans le pays ce qui constitue un immense danger de famine si la chaine d'approvisionnement se rompt (et elle va inévitablement se rompre). e) les maladies liées à l'obésité constituent le plus grand risque médical et sont causées par l'utilisation abusive du maïs partout dans la chaine alimentaire. f) les changements climatiques entraineront une réduction de la production mondiale de nourriture g) l'augmentation de la population sur la Terre va entrainer des famines et sera la première source des conflits entre les régions du monde.

Rien de neuf, mais encore une occasion de prendre conscience de la crise que nous préparons avec acharnement.

C'est au tour maintenant des organisations d'agriculteurs de réagir, et nous avons droit aux réponses habituelles : plus de subventions pour acheter des plus gros bateaux et pêcher le dernier poisson, plus de subventions pour produire plus de viande, plus de subventions pour produire plus de maïs.

Personne ne peut imaginer que moins de subventions aux agriculteurs et une meilleure répartition de la richesse entraineraient une forte réduction des productions alimentaires dangereuses vers les légumes, le blé, et la volaille plutôt que le bœuf. Personne ne dit qu'il faut rapidement taxer les productions polluantes comme le maïs et le bœuf.

Je vais continuer à suivre les travaux de Food 2030, parce que c'est un parfait portrait de l'échec politique qui nous conduit au désastre. Les grands groupes économiques ont pris le pouvoir et les États travaillent à leurs services plutôt que pour leurs populations.

Commentaires

1. Le samedi 9 janvier 2010, 13:30 par Moukmouk

test

2. Le samedi 9 janvier 2010, 18:30 par andrem

re-test.

Malgré les traficotages des modalités électorales pour faciliter la pérennité des puissants, il a bien fallu à ceux-ci qu'ils passent par la case suffrage pour se donner des airs légitimes et éviter des révolutions destructrices (où tout le monde serait perdant).

Nous tous, tant que nous sommes, avons cette arme à la main, le petit papier qu'on glisse dans la grande boîte. Piège à moi ou pas, je compte sur la grande majorité d'entre nous pour renverser ces vapeurs.

Il est trop facile de se réfugier dans l'hostilité à l'élection, piège à rien du tout.

3. Le lundi 11 janvier 2010, 11:43 par dieudeschats

La population est devenu un élevage comme un autre.

4. Le lundi 11 janvier 2010, 12:47 par zizule

Une bien belle synthèse ... affaire à suivre et à manger

5. Le lundi 11 janvier 2010, 15:33 par dieudeschats

De toute façon ça va pas durer des siècles leur affaire : plus de pétrole, plus de phosphore...
http://www.lemonde.fr/planete/artic...