je ne veux pas crever

Un texte sur Cancun, non... sur l'amour.

Bien sur en lisant les résultats de la conférence de Cancun, c'est le seul discours qu'il nous reste. je ne veux pas crever. 

Mais avant... avant, si je ne peux pas sauver ce monde, je vais tenter de dire qu'il est beau. Et puis je vais tenter de le savourer. de profiter de la dernière fête. je viens de relire le texte de Boris Vian... vous savez le fameux : je ne voudrais pas crever...

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu

Il me reste tant à voir et à dire de ce monde, que le temps me semble trop court. mais surtout :

Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux

Je ne veux pas crever, mais le court temps qu'il me reste, je le passerai à vous aimer.

Commentaires

1. Le mercredi 8 décembre 2010, 17:42 par Llyn

Cette plume... c'eut été dommage de crever avant d'avoir pu lire cette note, Ours Poète.

2. Le mercredi 8 décembre 2010, 17:46 par Guidemimi

Boris Vian quel génie, mais quel génie, on ne le dira jamais assez. Je l'aimais déjà à 15 ans, mais ma grande fierté, c'est de l'aimer toujours après tant d'années. C'est drôle, il y a peu, j'avais fait référence à son merveilleux "je ne voudrais pas crever". Décidément on a bien un peu les mêmes goûts mon vieil Ours.
Mimi le vieux guide alpin

3. Le jeudi 9 décembre 2010, 08:56 par Anne

Tiens, on cause d'amour tous les deux, ce matin. J'aime ça.

4. Le jeudi 9 décembre 2010, 12:04 par Tinette

Magnifique auteur… disparu beaucoup trop tôt.

« Autrefois pour faire sa cour
On parlait d'amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son coeur
Aujourd'hui, c'est plus pareil
Ça change, ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l'oreille
Ah? Gudule! …
Viens m'embrasser
Et je te donnerai… »
… plein de trucs inutiles …

-La complainte du progrès – Chanson composée en 1956 …Succulente critique de la société de consommation…

Merci pour cet instant de poésie!

5. Le jeudi 9 décembre 2010, 14:55 par Loulou

Beau texte,
et belle déclaration !

6. Le jeudi 9 décembre 2010, 14:58 par Moukmouk

Loulou--) c'est si important de dire : "je t,aime"

Tinette--) et dire que maintenant c,est encore pire. Encore plus de gadget!

7. Le jeudi 9 décembre 2010, 15:08 par Moukmouk

Anne--0 ta question est très bien posée...

Guidemimi--) effectivement on aime les mêmes génies. Faut dire que ce n,est pas trop difficile.

Llyn--) merci beaucoup, c'est pour cela que ça vaut la peine de faire un blogue

8. Le jeudi 9 décembre 2010, 21:07 par Tili

C'est un peu pareil. Comme une urgence à repartir, à laisser tous ces objets inutiles pour vivre avec 23 kg maxi. Voir encore le monde, les merveilles et surtout, surtout, laisser à mes enfants la chance de le voir...