Le terme « migrant » est une négation des droits

Sur twitter on m’a dit que j’étais con, pourtant je le répète les réfugiés ont des droits.

J’en fais pas une maladie, sur twitter le jugement rapide et la condamnation est facile. Même si je n’ai jamais dit de quelqu’un des trucs pareils, j’ai parfois fait des erreurs de jugement grossières de ne pas avoir tout lu ou tout compris d’une intervention. Sauf que cela vaut certainement la peine de réfléchir sur la présente vague de immigration vers l’Europe et l’échec des politiques pour y faire face.

 

 

Ça commence justement avec le terme « migrant » qui englobe tout et nie forcement ceux qui ont des droits : il y a ceux qui viennent parce qu’ils cherchent à sauver leurs vie à cause d’une guerre ou de persécution politique. Il y a ceux qui viennent parce qu’ils ont des rêves et enfin ceux qui se sauvent de l’impôt, de la sécheresse de la montée de l’océan, etc. Si tous pensent avoir des droits, ne fussent que le droit de survivre, il existe des mécanismes juridiques pour déterminer qui a le droit de se dire réfugiés et qui ne l’est pas. C’est aux juges de se prononcer. Le terme « migrant » fait de tous ces gens des illégaux, des indésirables, des fauteurs de troubles et qu’ils aillent mourir ailleurs.

 

Mais vous me direz qu’au rythme actuel de plusieurs centaines de personnes par jour, le système de tri et d’évaluation est débordé et non fonctionnel. Oui, c’est probable. La guerre et les changements climatiques jettent sur les routes des millions de personnes. Mais les confrontations en Syrie, en Irak, au Yémen et en Afghanistan ne sont que les prémices de la vraie guerre qui déchirera bientôt le monde, celle entre les djihadistes sunnites (ceux des monarchies pétrolières du Golfe persique) et les Chiites. Ce sera une guerre épouvantable, une guerre du moyen-age avec des armes du futur. Mais la montée des océans va jeter à la mer entre 100 et 200 millions de personnes des deltas du sud-est asiatique et ils chercheront une terre pour y mettre les pieds accueillantes ou pas. Et les sécheresses et la pollution mortelle des mégalopoles africaines et les crimes des dictatures entre autres.

 

La France comme les autres pays ont signé des conventions de l’Onu et des traités internationaux. Les discours haineux et racistes des politiciens ne changeront pas cette réalité à moins d’accepter de détruire les réseaux commerciaux qui font le niveau de vie des pays développés et de plonger ces pays dans une crise économique qui fera paraître l’actuelle stagnation comme l’eldorado. Le processus judiciaire est débordé, mettons y les ressources pour le faire fonctionner de toute urgence.

 

Le vaste problème de ces déplacés sera la question de ce siècle. Mais ce ne sera certainement ni la haine raciste ni l’enfermement dans des frontières dites nationales qui vont être la réponse. Installer des murs aux frontières et des mitrailleuses sur les plages ne changera rien.

Mais il faut se rappeler que la thèse de base du Nazisme hitlérien est qu'il manquait de place pour tous les humains et qu'il fallait choisir et donc éliminer les sous-hommes, les homosexuels les infirmes, les improductifs etc. 

Il faut s'opposer aux discours de l'enfermement sinon nous en seront bientôt là.

Commentaires

1. Le mercredi 14 septembre 2016, 18:49 par Sacrip'Anne

Merci pour ce billet <3

2. Le mercredi 21 septembre 2016, 23:41 par dieudeschats

Je crois que les politiciens, et la presse qui répète docilement leur propagande, utilisent en toute conscience ce genre de termes pour déshumaniser les réfugiés et empêcher tout processus d'identification ou d'empathie.

Dernièrement une connaissance m'a dit qu'elle avait entendu qu'il fallait "relocaliser les migrants"... ça sonne tout de suite mieux que renvoyer les familles réfugiées chez nous dans leur pays dévasté par la guerre et par nos bombes !