Espoir de printemps

Une reprise parce que j'aime bien ce billet qu'une amie me fait déterrer. Oui je l'ai souvent repris... mais c'est parce que j'aime l'amour et le printemps.

Vous l'appelez peut-être l'Harelde Boréale, le petit canard de mer noir et blanc, pour moi il sera toujours le rapide. Une reprise pour faire venir le printemps, pour dire amour aussi.

Il y a quelques semaines, je reçois un message d'un ami du Nord. C'est très fréquent que les Kakawis se réunissent en grand nombre pour la migration... Il hurle au téléphone tant son excitation est grande, et j'entends aussi qu'il a des sanglots la voix. Je dois y aller toute affaire cessante, jamais il n'y a eu si beau spectacle, les kakawis passent.

Non, je n'irai pas à Blanc-Sablon, il y a 2000 kilomètres à faire, et quand j'arriverai, ils seront beaucoup plus loin au Nord, et comment les trouver en mer du Labrador.... Mon ami est un observateur rigoureux, habitué à évaluer correctement de grands vols d'oiseaux. Je ne doute donc pas de son affirmation quand il dit voir passer plus de 10 000 Kakawis de leurs vols extrêmement rapides (100 km/h). Et je comprends son excitation. J'ai déjà vu 2000 kakawis remontant au Nord, et c'est une merveille, un bonheur, une danse. Il y a tant d'espoir d'amour dans cet appel, il y a tellement de détermination à vouloir que la vie se continue, qu'on ne peut que désirer profondément les suivre, se mêler à eux, devenir nous aussi, Kakawi, coeur battant, joie de la vie.

Quand les kakawis remontent au Nord, on veut les suivre comme le feront les phoques, et tous ceux qui sont venus dans le golfe se protéger des rigueurs de l'hiver. La glace craque et coule d'un coup, La Débâcle. Ce sera le tour de ceux du Sud qui suivront les petits poissons d'argent, les capelans. Les petits rorquals les premières, et plus les cachalots, les mégaptères, les grandes bleues, et puis les saumons, les oies, les canards du Sud. La vie, la vie, la vie, ce grand courant, cette unique passion, cet unique amour qui nous lie tous et qui nous définit.

D'habitude, ceux de la forêt donnent comme nom aux oiseaux une approximation de leurs chant, comme si l'oiseau disait toujours son nom dans l'espoir d'être choisi comme conjoint. Mais pour le Kakawi, ils disent que c'est comme le rapide battement du coeur.

Pour je t'embrasse, ne dit-on pas : 'kakawi-Kosqenal ? Je te prends dans mes bras pour sentir ton coeur battre plus vite.

Oui mon coeur bat plus vite, oui je sens la vie battre en moi au rythme des ailes de l'oiseau rapide. Printemps d'amour.

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