Utopie ou Uchronie?

Vos excellents commentaires sur le billet précédent me donne les pistes pour celui-ci. La survie de l'espèce humaine est elle possible? Que faire pour assurer la continuité? Un début de commencement de réflexion.

La Modernité a clairement démontré son échec. L'Utopie de la Modernité, c'est l'idée que la raison et la science peut, avec le temps, résoudre tous les problèmes. Que la marche du progrès améliore les conditions de vie, qu'il n'y a que des lendemains qui chantent hors de l'obscurantisme. La domination de la science et de la raison sur le Monde, aura raison des monstres et des obstacles. C'est l'idée simple qu'en mettant plus d'Énergie dans le système, les résultats seront plus importants donc meilleurs. On met un plus gros moteur dans le camion du progrès, pour s'écraser plus rapidement dans le mur de la réalité.

L'Utopie par définition c'est le lieu qui n'existe pas, le lieu qui n'a pas d'importance, parce que le c'est le temps qui compte. Le lieu on l'adaptera aux besoin de la raison et de la science. A cet égard, Brasilia est un bon exemple de l'Utopie moderne. Construire une ville dans le lieu le moins propice, en pleine forêt tropicale, en zone inondable, loin de tout, parce que la raison décide que ce serait politiquement juste de le faire. Mais la fin de cette utopie c'est la mondialisation: il n'y a plus de lieu puisqu'il n'y en a qu'un seul, avec un seul critère moral : la profitabilité, c'est à dire la mesure du rendement de l'agent dans le temps. Il n'y a plus de personnes, plus de cultures, plus de groupes, qu'une seule question : combien ce geste rapporte. Et ce n'est même pas qu'est-ce que ce geste « me » rapporte, parce que l'essentiel du capital est géré par des employés de banques ou de trust qui n'ont pas d'intérêt personnel autre que leur salaire. Ainsi roule de plus en plus vite la machine folle du progrès.

Le corollaire de la profitabilité, c'est la productivité, combien de fric produisez-vous en une heure. Si vous êtes sous la norme vous méritez l'abattoir. Si vous produisez d'avantage, vous méritez le pouvoir et la reproduction de cette mortelle folie: Sarko est un bon exemple.

Ce qui fait éclater l'Utopie de la Modernité, c'est la simple réalité que c'est la disponibilité de nourriture qui fixe le volume d'une population de toutes les espèces d'animaux. La population de la terre qui a mis 850 ans pour passer de 500 millions à un milliard, grâce à l'utilisation de l'énergie animale ( les bœufs et les chevaux surtout) et 100 ans pour passer d'un à deux milliards par l'utilisation du charbon, est passé de 2 à 7 milliards en 50 ans grâce à l'utilisation du pétrole pour produire des engrais azotés. Rouler en auto, ce n'est pas utiliser se servir de l'énergie enfouie dans la terre il y a 50 millions d'année, mais voler la nourriture de nos enfants.

On me répondra qu'il y a peut-être une voie de sortie: l'éducation des filles. Oui peut-être, Si on peut détruire rapidement les religions, et les cultures qui méprisent les femmes, nous auront peut-être le temps d'arrêter la machine folle. Mais n'est-ce pas encore une idée liée à l'Utopie Moderne? Que la connaissance permet de solutionner le problème? Le fait que cela participe à l'Utopie, n'est certainement pas une raison pour s'empêcher de militer pour l'éducation des filles et de s'opposer à l'obscurantisme partout, mais le résultat sera des humains plus conscients pas nécessairement la survie de l'humanité. En passant ce n'est pas pour rien que la Banque Mondiale a tout fait pour détruire les écoles publiques dans les pays en voie de développement, surtout en Afrique. On mesure aujourd'hui la désastreuse conséquence.

C'est déjà trop long comme billet, demain l'Uchronie et l'espoir... fiou ça va faire du bien.

Commentaires

1. Le lundi 5 novembre 2007, 16:37 par Anne

J'ai une question à ce sujet : la survie de l'être humain est-elle une fin en soi ?

Je ne crois pas. (Mais là, en général, je me fais hurler dessus par une meute déchaînée. Dire qu'on me traite de bisounours...)

2. Le lundi 5 novembre 2007, 17:04 par Moukmouk

Anne--) je pense que la survie de n'importe quelle espèce fait partie de l'objectif de la vie, tant que cette espèce occupe sa niche écologique, sa rôle dans la reproduction de la vie. La survie d'une espèce n'est certainement pas un fin en soi, mais c'est la diversité et la complexité que la vie développe et protège.

3. Le lundi 5 novembre 2007, 19:47 par dieudeschats

Et que faire de tous ces garçons qui manquent d'éducation alors ? Les donner à manger aux ours blancs ? ;-)

4. Le lundi 5 novembre 2007, 20:21 par Moukmouk

DDC--) dans les pays développés ( et c'est peut-être pour cela qu'ils sont développés) les filles ont plus d'éducation que les garçons, par contre dans les pays pauvre les filles ont très largement pas droit à l'éducation de base qui coute trop cher. De plus les religions et des coutumes (comme en Inde surtout) s'opposent à l'éducation des filles qui leur donnerait un peu de liberté. D'ailleurs l'excision fait partie de la même idée.

Les garçons sont des esclaves ou de la chair à canon dont on se débarrasse quand elle est inutile. Mais on a besoin des filles pour la reproduction. Quand il y en a assez on pratique l'infanticide, ou l'avortement sélectif.

5. Le lundi 5 novembre 2007, 21:57 par Kinkapricorne

L'éducation des filles... Oui bien sûr, mais comme tu le fais si bien remarquer, cela ne suffira pas tant que les religions "opium" endormiront les consciences.
Le problème c'est que dans bien des pays ce sont les femmes qui font le plus de zèle pour propager les traditions religieuses, quel que soit leur niveau d'instruction. Deux exemples dans le haut de l'échelle sociale : les dames du cathéchisme de la bourgeoisie ont toutes au moins un bac en poche et les jeunes femmes voilées dans les amphis des universités portent ostensiblement ce signe religieux comme on brandi un drapeau.
À l'autre bout de l'échelle : les femmes des campagnes, qu'elles soient de France comme l'étaient ma mère, ma tante et ma grand-mère ou bien d'Afrique (comme l'autre grand-mère de ma petite-fille) sont plus religieuses que les hommes, parce que plus portées à respecter les convenances (y compris quand elles en ont subi elles-même les irréparables conséquences, là je parle de l'excision).
LE RESPECT DES CONVENANCES : voilà le trait de caractère, commun à bien des femmes, qui soutient tout l'édifice de la morale bourgeoise et des religions castratrices, et qu'il faut combattre.
Il faut apprendre aux filles à savoir désobeir, à braver les interdits, à s'assumer en tant qu'individu majeur et responsable en faisant fi du "qu'en dira-t-on", en ignorant superbement le jugement des autres quand on a sa conscience pour soi...
Au lieu de perpétuer des traditions néfastes simplement pour "faire comme tout le monde", ou de suivre passivement la mode, souvent au prix de sa santé ou d'inconfort vestimentaire...
Je ne suis pas sûre que l'instruction scolaire soit suffisante pour remédier à ce problème millénaire...

6. Le lundi 5 novembre 2007, 22:24 par Moukmouk

Kinka--) oui, je suis bien d'accord avec toi, l'éducation des filles n'est pas la solution à tous les maux de la terre. Mais les filles éduquées ont d'avantage de pouvoir sur leur sexualité, sur leurs vie et sur le nombre d'enfants qu'elles décident de mettre au monde.

Et comme toi, je doute qu'on réussisse à éliminer les religions à temps.

7. Le mardi 6 novembre 2007, 00:10 par Poutine Girl

juste un petit détail, en passant: l'excision est désormais réparable. ça se fait en France, on a des chirurgiens spécialisés.

8. Le mardi 6 novembre 2007, 00:19 par Moukmouk

Poutine--) Oui, je le savais, mais j'aimerais mieux qu'on n'ait pas à réparer.

9. Le mardi 6 novembre 2007, 01:46 par Poutine Girl

mais zenfin moi aussi, pour qui me fait-on passer?!

10. Le mardi 6 novembre 2007, 02:13 par Moukmouk

Poutine--) j'en ai jamais douté!!!

11. Le mardi 6 novembre 2007, 08:10 par Sara

Même si les femmes limitent leur nombre d'enfants, on est tellement nombreux,que si toutes ces femmes ont un seul enfant, c'est quand même un enfant de trop pour l'humanité. Difficile de remédier à la surpopulation, sauf par la sélection naturelle, elle-même empêchée par la médecine... mais qui est le gros malin qui va arrêter d'aller chez le médecin pour laisser faire la sélection?... euh... pas moi.

12. Le mardi 6 novembre 2007, 08:40 par dieudeschats

"Quand il y en a assez on pratique l'infanticide, ou l'avortement sélectif."
Là je ne suis pas tout à fait d'accord... ce qu'il se passe en Chine ou en Inde montre clairement que, malgré le déficit de filles que cela engendre, les gens continuent à essayer d'avoir des garçons... pour assurer leurs vieux jours, pas payer de dot, etc.

13. Le mardi 6 novembre 2007, 10:28 par la cigogne

pas simple.....
je suis une fille et je vis dans un pays ou je rencontre un tas de gens
j'exerce un métier de service qui me fait employer des gens et une majorité de filles....sans diplômes,étrangères,de religions et de couleurs différentes....
les respecter et respecter leurs religions et leurs coutumes est primordial!mais les amener a la réflexion est primordial
il faut prendre le temps et aimer les gens....
nous les filles nous ne sommes pas qu'une machine a reproduire qui jouit ou non!!!!!mais c'est a nous de nous battre pour avancer
le non a l'avortement ou a la reproduction excessive cela passe aussi par nous!
qui peut mieux qu'une fille qui sait, expliquer a une autre fille qui ne sait rien comment ça marche?
long débat ma vie ne depend pas d'une religion et mes croyances sont tres limitées.....
a nous de nous bouger le cul et heureusement qu'il y a des gens qui nous obligent a reflechir!!!!!!filles et garçons

14. Le mardi 6 novembre 2007, 12:09 par Moukmouk

Cigogne--) Pas simple en effet, l'éducation des filles est un espoir, mais est-ce que cela suffira? aurons-nous le temps de voir la population diminuée avant le manque de pétrole?

DDC--) oui les familles préfèrent les garçons dans presque toutes les cultures, ce que je dis c'est que l'élimination se fait ( se faisait?) plus facilement par la guerre.

Sara--) le petit nombre d'enfant fait que les populations diminueraient dans les pays développés si ce n'était l'immigration. Si j'en parle c'est que j'espère éviter les massacres si ( ou quand) les gens ont à se battre pour la nourriture.