jeudi 15 février 2024

Moukmouk l'Indien suite

Si Moukmouk écrivait sur son blog des histoires avec tant de poésie, c’est grâce à ses origines et à sa culture amérindienne.

 

J’ai déjà raconté comment il en avait souffert pendant son enfance et comment il en avait conçu une grande répulsion vis-à-vis de la religion catholique comme d’ailleurs, beaucoup de ses compatriotes. Alors qu’en France, l’Eglise et l’Etat ont été séparés en 1905, il a fallu attendre jusqu’à la fin des années soixante pour que les Québécois prennent enfin leurs distances avec la religion qui régentait entièrement leur vie. La preuve : presque tous les noms des villes et villages ont pour nom Saint-Quelque Chose et les injures traditionnelles font référence à la religion comme le fameux « Tabernacle ».

 

Heureusement, Moukmouk a renoué avec la sagesse de ses ancêtres certainement grâce aux longs séjours qu’il a passés dans la solitude du Grand Nord canadien et ceux au bord de son lac de Pohénégamook. Du moins, c’est ce que j’ai cru comprendre et j’ai envie de vous raconter quelques anecdotes amusantes à ce sujet.

 

Dans les délicieuses histoires que Moukmouk a postées sur son blog, il donne souvent des noms propres aux animaux : Koi-Koi, la vieille oie des neiges, Estelle et Célestine, les dames Caribous et bien d’autres encore… Dans la vie, il le faisait aussi. Un après-midi, nous observions les oies bernaches qui nageaient sur le lac de Pohénégamook à travers la grande baie vitrée du salon. Soudain, quelque chose a jailli des flots et a tenté de s’emparer d’un des volatiles. « Il y a vraiment un monstre dans le lac ? » ai-je demandé, surprise, à Moukmouk. « Non, m’a-t-il répondu, c’est la truite … (j’ai malheureusement oublié le prénom) qui vit ici depuis plus de trente ans. Elle est devenue énorme et essaie parfois d’attraper un oiseau ».

 

La deuxième anecdote concerne ses parents.

 

Moukmouk m’a souvent parlé de sa mère décédée des années auparavant et qu’il avait accompagnée jusqu’au bout. Ils avaient l’habitude de faire des parties de Scrabble et lorsqu’elle a commencé à perdre la tête, il la laissait gagner pour qu’elle ne se rende pas compte de son état. Quant à son père disparu bien avant il m’a raconté un jour, un souvenir d’enfance qui m’avait bien amusée.

 

Son père avait l’habitude de l’emmener randonner en forêt avec son frère et sa sœur. Mais il n’emportait aucun pique-nique. Au moment du déjeuner, il disait : « Les enfants, commencez à préparer un feu pendant que je vais chercher de quoi manger ». Et il revenait un peu plus tard après avoir chassé, pêché ou cueilli leur repas de midi.

 

Cette façon de faire est tellement éloignée de nos habitudes de confort actuelles m’avait laissée mi-éberluée mi-admirative. Alors un dimanche soir, j’ai décidé de le surprendre à mon tour. Je lui ai dit : « Je vais faire une tarte aux pommes à la façon de ton père. Tu as de quoi faire la pâte, je vais chercher des pommes ». Evidemment, aucun magasin n’est ouvert le dimanche soir à Pohénégamook mais j’avais repéré un pommier au bord de la route, pas très loin et je suis allée ramasser suffisamment de pommes pour faire la tarte. Et toc !

 

Pour terminer, je vais vous raconter l’une des premières soirées que j’ai passée avec Moulmouk et qui décrit exactement ce qu’il était. Nous étions allés à Tadoussac pour voir les baleines et nous logions dans une auberge de jeunesse. Le gérant nous a proposé de dîner à une grande table avec les autres résidents et nous avons bien sûr accepté. C’était fin septembre et il y avait encore des touristes, principalement français. Pendant le repas, Moukmouk a raconté ses histoires d’animaux, de baleines, de bélougas et autres comme il le faisait sur son blog et tout le monde l’écoutait. A la fin de la soirée, plusieurs personnes sont venues me voir pour me dire combien elles avaient trouvé mon ami intéressant et passionnant.

 

Il était tout cela et bien plus encore et je mesure à quel point j’ai eu de la chance d’avoir pu le rencontrer.

 

lundi 29 janvier 2024

Petite bio de Moukmouk

Petite bio de Moukmouk

 

Il est temps de raconter ce que je sais de la vie de Moukmouk, ou, du moins, ce qu’il m’en a dit, le soir, devant le feu de cheminée dans sa ouache, à Pohénégamook.

 

De son enfance, il n’a pas gardé de bons souvenirs. Il était le petit dernier d’une fratrie. Il ne s’entendait pas avec son frère aîné (très antipathique), mieux avec sa sœur à qui il reprochait cependant de trop vouloir le materner. Comme je l’ai déjà écrit, il n’a jamais réussi à entrer dans le moule imposé par l’école religieuse où on l’avait envoyé. Il y était le petit sauvage perpétuellement en révolte.

 

Plus tard, il a refusé comme le voulait la tradition familiale, de devenir professeur d’université. Il a préféré travailler pour Radio Canada, la chaîne de télévision publique du Québec et il est parti dans le grand Nord, filmer la faune sauvage, pour les besoins d’un documentaire ou d’un film de cinéma.

 

Cinéaste animalier n’est pas un métier de tout repos. Pour espérer obtenir quelques secondes de film intéressantes, il faut passer des heures en planque, sans bouger, à guetter les ours polaires ou les oiseaux arctiques. Afin de résister au froid terrible, il avait adopté la méthode des Inuits. Il s’habillait comme eux, bougeait très lentement car il ne faut surtout pas transpirer et suçait continuellement des petits cubes de viande de phoque crue dissimilés entre deux paires de moufles. Comme vous vous en doutez, c’est immangeable pour le commun des mortels : il faut être né là-bas ou profondément motivé pour parvenir à avaler cette nourriture.

 

Malheureusement, l’avènement du numérique a mis fin à cette carrière qui le passionnait. Il est beaucoup plus rentable de créer des images virtuelles d’animaux que de les filmer dans leur décor naturel. Il a alors traversé une des périodes les plus difficiles de sa vie.

 

Il était marié à sa première femme et avait déjà son fils aîné et sa fille. La petite famille vivait dans une grande maison à mi-chemin entre Montréal et le grand Nord pour qu’il puisse plus facilement les rejoindre quand il avait terminé ses tournages.

 

Pour continuer à travailler, il a dû s’installer dans un logement minuscule à Montréal, loin des siens qu’il ne pouvait que difficilement recevoir chez lui. Il est tombé dans une profonde dépression et a divorcé. Il ne s’est pas retrouvé au chômage car il travaillait pour un organisme public mais il m’a avoué qu’il avait été payé à ne rien faire pendant un long moment.

 

Puis il a fini par rebondir : il a réalisé une série à succès qui a duré de nombreuses saisons et lui a permis de travailler jusqu’à sa retraite. Il a aussi rencontré sa deuxième femme et eu son deuxième fils. Malheureusement, cette dame cherchait surtout un géniteur pour son enfant et l’a très vite sorti de sa vie sitôt son désir satisfait. Il lui en voulait toujours alors qu’il conservait de bonnes relations avec sa première femme.

 

Il a toujours beaucoup voyagé pour son travail et il a continué au début de sa retraite. Sa fille vivait à Vancouver, son fils aîné, marié avec une Brésilienne, à Tokyo et son plus jeune fils, à Toronto. Il avait aussi une « blonde » en Suisse avec qui, il avait visité l’Italie, voyage dont il gardait un excellent souvenir.

 

Hélas, la maladie qui l’a emporté récemment s’est déclarée à ce moment-là ; sa petite amie suisse l’a viré et il a dû rentrer au Québec pour se faire soigner. Il a alors organisé sa vie entre son appartement à Montréal, l’hiver, et sa ouache au bord du lac de Pohénégamook qu’il rejoignait dès l’arrivée des beaux jours. Son plus grand bonheur était de recevoir sa famille au complet dans cette maison qu’il avait aménagée exprès pour ses nombreux petits-enfants.

 

C’est là que je suis allée le voir pour la première fois en automne 2019. Il avait déjà du mal à marcher et s’essoufflait rapidement mais envisageait quand même de venir me voir à Marseille l’hiver suivant. Puis son état a empiré et lui a interdit les voyages en avion… Puis la pandémie est arrivée et m’a empêchée d’aller le voir en 2020… Je n’ai pu me rendre à nouveau au Québec qu’en septembre 2021 (la frontière a été ouverte le 1er, je suis partie le 21) ce qui lui a permis de retourner à Pohénégamook dans ma voiture de location car le voyage en bus depuis Montréal était devenu trop fatigant pour lui. Mon dernier séjour au Québec a eu lieu durant l’automne 2022. Juste après mon départ, il a commencé une dialyse.

 

Je regretterai toujours de n’avoir pas pu aller le voir une dernière fois en 2023.

mercredi 10 janvier 2024

Moukmouk l'Indien

Pour les Européens, l’Indien exerce une sorte de fascination. Depuis le magnifique film « Danse avec les loups », il représente un peuple sage qui vit en communion avec la nature, qui la comprend, la respecte et la préserve.

 

Mais au Québec, le mot « Indien » a un sens nettement péjoratif. Il désigne le sauvage par opposition au civilisé, celui qui vit comme une bête en suivant ses instincts, sans morale ni foi. « Amérindien » qui pourtant corrige l’erreur de Christophe Colomb et des premiers explorateurs occidentaux n’est guère plus convenable. Alors comment faut-il dire ? ai-je demandé à Moukmouk.

 

On utilise maintenant les termes de « Premières Nations » (ou « Native » pour les anglophones) qui traduisent enfin la légitimité des premiers habitants du Nouveau Monde. Mais le mieux est de donner le nom de chaque tribu.

 

Encore faut-il les connaître car elles sont très nombreuses ! J’ai appris que, rien qu’au Québec, il y avait les Algonquins, tribus habitant les forêts, les Micmacs, tribus habitant au bord de la mer en Gaspésie, mais aussi les Hurons, alliés historiques des Français alors que les Iroquois étaient ceux des Anglais et bien d’autres encore.

De plus, tous ces noms ont été donnés par les colons européens et ne sont pas ceux d’origine.

Par exemple, Moukmouk faisait partie de la tribu des Malécites mais le nom véritable est « Wolastoqiyik ». Les terres de ses ancêtres que nous sommes allés visiter se trouvent à Cacouna, sur la rive sud du Saint-Laurent non loin de Rivière-du-Loup.

 

Il était très fier de sa grand-mère qui avait l’honneur suprême d’être mère de clan, personnage le plus important de la tribu, plus encore que le grand chef. C’est elle qui veille au bien-être de la tribu et décide entre autres, qui mangera en premier. Les missionnaires catholiques l’avaient bien compris car ils ont bâti de nombreuses églises dédiées à Sainte-Anne qui est, rappelons-le, la mère de la Vierge Marie et qui, de ce fait, tient le rôle de mère de clan dans la religion catholique.

 

Moukmouk avait très mal vécu sa différence quand enfant, on l’avait envoyé à l’école dans une institution privée catholique. Il était devenu un petit sauvage perpétuellement en rébellion contre ses enseignants. Adulte, il ne voulait plus mettre un pied dans une église et j’ai dû particulièrement insister pour que nous allions visiter la basilique Sainte-Anne de Beaupré sur la rive nord du Saint-Laurent. Et effectivement, on y trouve dans la crypte une fresque représentant le « bon » Indien converti à la « vrai » foi, en adoration devant une représentation de Sainte Anne.

 

A l’inverse, nous avons découvert dans le musée de la vieille Gare à Rivière Bleue, des manuels d’histoire du siècle dernier qui racontait la vie de « gentils » missionnaires torturés et mis à morts par de « vilains » Indiens. Ce musée construit comme son nom l’indique dans l’ancienne gare retrace l’histoire de la petite ville, de l’arrivée des premiers colons à son expansion au moment de la construction du chemin de fer. On y découvre comment on vivait autrefois dans ces contrées au climat très rude en hiver. On y voit même un minuscule abri antiatomique de deux mètres sur trois, exclusivement attribué au chef de gare ! En revanche, comme me l’a fait remarquer Moukmouk, on n’y trouve aucune mention des premiers habitants de ce pays, ces tribus qui l’ont occupé bien avant que les premiers Blancs ne s’y installent et s’emparent de leurs terres.

 

Heureusement, les mentalités évoluent petit à petit et les Québécois commencent à considérer les membres des Premières Nations comme faisant partie intégrante de leur histoire.

Pour preuve : le drapeau de Montréal. Il est composé d’une grande croix rouge délimitant quatre espaces. En haut : à gauche, la fleur de lys française et à droite, la rose anglaise. En bas : à gauche, le chardon écossais et à droite, le trèfle irlandais. Mais en 2017 on a rajouté au centre de la croix, un pin blanc, symbole des peuples autochtones.

 

 

mercredi 3 janvier 2024

Les Québécois

 

 

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vendredi 8 décembre 2023

Le lac de Pohénégamook

Pohénégamook signifie en langage malécite « campement d’hiver » car le lac entouré de collines était abrité des intempéries des plaines du Saint-Laurent. Mais notre ours poète préférait « La Belle Endormie » et son histoire qui pourrait être un pendant québécois de notre célèbre conte de Perrault « La Belle au Bois Dormant » se rapproche davantage des contes d’Andersen.

 

Un soir d’hiver et de neige, une jeune femme, arrive près du lac. On ne sait pas ni qui elle est, ni pourquoi elle erre seule, dans la nuit. On comprend seulement qu’elle marche depuis longtemps. Harassée, elle s’arrête enfin sur la rive et allume un feu. Puis, elle s’enroule dans une couverture de laine et tandis que les flocons se mêlent aux étincelles, elle s’endort tout doucement pour toujours.

Moukmouk me montrait alors les collines bordant le lac dont les formes arrondies rappelaient les courbes de la « Belle Endormie ».

 

Une autre légende circule sur le lac, beaucoup plus amusante.

De même que dans le fameux Loch Ness écossais, un monstre y séjournerait depuis très longtemps. Les riverains l’ont appelé Ponik. Il vivrait dans une grotte sous-marine située à l’une des extrémités du lac et aurait la forme d’un canot renversé orné d’une crête.

 

D’après Moukmouk, c’est une créature timide et craintive qui ne se montre que très rarement. D’après les études scientifiques, un gisement de gaz, le jaillissement d’une source ou juste la remontée d’un arbre mort seraient à l’origine de ce mystère.

 

Un groupe d’étudiants en zoologie a effectué une recherche très sérieuse en se basant sur le volume d’eau du lac afin de calculer s’il pouvait abriter suffisamment d’êtres vivants pour nourrir une créature de cette taille. Sans surprise, le résultat s’est révélé négatif.

 

Nous avions vu cet article sur Internet ensemble et je me souviens avoir fait remarquer à Moukmouk qu’il aurait plutôt fallu calculer le volume de bière à ingurgiter à la brasserie locale pour avoir une chance d’apercevoir la créature en rentrant chez soi.

 

Opinion confirmée après ma visite chez un artiste du coin : le sculpteur Sylvain « Elvis » Lavoie. Ce grand admirateur du premier rocker américain fabrique des meubles monumentaux en bois massif, ornés de motifs sculptés, très souvent marqués du sigle Harley Davidson et ornés quelquefois de la silhouette de Ponik. Il m’avait affirmé très sérieusement avoir aperçu le monstre nageant à la surface de l’eau quelques années auparavant, alors qu’il pêchait sur le lac. Il allait même être interviewé par une télé locale au cours des semaines suivantes et m’enjoignit de regarder le documentaire dès sa diffusion.

 

Je ne l’ai pas fait d’autant plus que Moukmouk m’a aussi confié que son père qui était très farceur avait imaginé un été, de se baigner dans le lac sous une vieille coque de canoë pour faire une blague aux touristes.

 

Alors, la Belle Endormie et Ponik : mythe ou réalité ? Peu importe. Le lac de Pohénégamook reste un lieu magique, féerique en automne et vaut largement le détour même si l’ours poète n’est plus là pour en raconter toutes les légendes.

 

lundi 27 novembre 2023

La ouache de Moukmouk

Il y passait plusieurs mois par an, de la fin de l’hiver aux premières neiges de novembre. C’était comme on dit au Québec, une maison « trois saisons ». Trop isolée pour que la neige soit déblayée régulièrement l’hiver et pas assez pour affronter le froid terrible qui peut s’abattre sur cette région pendant plusieurs mois.

 

Quand il était encore suffisamment en forme pour y aller seul, il avait un long voyage à faire car il avait rendu son permis de conduire après une première alerte cardiaque. Il devait prendre un bus de Montréal à Québec, puis un autre jusqu’à Rivière du Loup où le fils de madame Jacqueline, sa femme de ménage, venait le chercher en voiture pour parcourir à travers la forêt, les soixante kilomètres restant pour arriver à destination.

 

A l’entrée de Saint-Eleuthère, on tourne à gauche pour prendre le chemin de la Tête du Lac. Il est bordé de résidences secondaires plus ou moins imposantes, parfois avec dépendances, garages, hangar à bateaux et embarcadère privé, parfois plus modestes. Néanmoins, elles ont toutes un point commun : elles s’offrent largement à la vue du visiteur avec leur façade pimpante, leur jardin bien entretenu où pas un brin d’herbe ne dépasse, orné de massifs de fleurs et parfois d’animaux en plastique : biche, écureuil, lapin…

 

Toutes… sauf celle de notre ours, dissimulée derrière un rideau d’arbres, tellement peu visible que j’en ai souvent raté l’entrée en voiture ou même à pied. Il m’a dit un jour : « Moi, je sais planter les arbres mais pas les petites fleurs ». C’est donc une bâtisse en bois, peinte en blanc, de plain-pied, avec son garage attenant à l’habitation principale. Au fond, sur la droite, on aperçoit un petit hangar à bateaux dont la porte qui a beaucoup vécu est décorée d’un dessin au pochoir : Socrate le chien, disparu depuis, y admire un papillon. Moukmouk pratiquait la voile sur deux dériveurs : un Hobie Cat et un 470, Quat’sept disent les voileux. Comme j’aurais aimé naviguer avec lui sur le lac ! On aurait formé un sacré équipage !

 

La porte d’entrée donne directement sur la pièce à vivre, très vaste et lumineuse, avec la cuisine à gauche, le salon à droite. Au fond, les rayonnages d’une bibliothèque à côté d’une cheminée en pierre devant laquelle nous avons passé bien des soirées. Au milieu de la pièce, un fauteuil à roulette devant le vieil ordinateur sur lequel il se connectait à Twitter. L’ameublement est vieillot mais confortable Il voulait avant tout que ses petits-enfants se sentent bien chez lui et puissent s’amuser sans crainte de casser ou d’abimer quelque chose. Sa seule concession à la modernité était une plaque de cuisson à induction pour laquelle, il avouait être « tombé en amour » car il adorait faire la cuisine.

 

Mais ce qui marque le plus dès qu’on franchit le seuil de la maison, c’est, juste en face, la grande baie vitrée avec sa vue magnifique sur le lac. 

 

C’est dans cette maison, sa ouache comme il l’appelait, qu’il était le plus heureux. Il y a passé avec moi son dernier séjour en automne 2022.

 

Mouette Moqueuse

mercredi 22 novembre 2023

Au revoir, Moukmouk

Moukmouk, notre bel ours de Pohénégamouk, nous a quittés il y a quelques jours. Mais comme c'était un ours particulièrement intelligent, il avait choisi de nous demander, à Noé et moi, si nous voulions bien retaper son vieux blog qui fonctionnait mal. Et c'est ainsi qu'il est désormais hébergé chez nous. 

Mi-septembre, Moukmouk m'avait demandé si j'étais d'accord pour le garder en ligne un mois ou deux, quand il ne serait plus là. Je crois qu'on va faire mieux. Je crois qu'on va garder ce blog en ligne pour tout le temps qu'il nous sera possible de le faire. 

Ca fait presque 20 ans qu'on avait fait connaissance. Moukmouk écrivait à toute une bande de blogueurs et blogueuses pour nous demander si on voulait qu'il nous raconte des histoires. Une fois la surprise passée, on a été nombreux(ses) à dire oui. Et elles étaient tellement formidables, ses histoires, qu'on lui a suggéré (lourdement et répétitivement), d'ouvrir le sien, de blog. Il a résisté autant qu'il a pu, mais a fini par nous écouter. Et c'est tant mieux parce qu'en plus de son souvenir, on gardera ses mots longtemps avec nous, à défaut de pouvoir le serrer à nouveau dans nos bras.

J'ai rarement rencontré quelqu'un qui touchait autant les gens et je suis très fière d'avoir été son amie, pendant presque deux décennies.

Il en avait une autre, de grande amie, qui a eu la lourde tâche d'annoncer son décès. Merci Mouette Moqueuse. On s'est parlé un peu et elle a accepté en un éclair l'idée de vous partager un peu de son amitié avec Moukmouk. Voici ses mots à elle. Et vous pourrez bien sûr laisser les vôtres en commentaire.

Sacrip'Anne

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Moukmouk


Qui aurait cru que sur ces réseaux sociaux tant décriés, on pouvait faire une aussi belle rencontre ?

C’est pourtant bien sur Twitter, que moi, la mouette marseillaise, j’ai rencontré notre ours québécois.

Tout de suite, comme beaucoup d’autres, j’ai été séduite par ses jolies histoires d’animaux, de père Noël, pleines de poésie et de sagesse. Et puis, j’étais attirée par son pays dont il parlait si bien depuis sa petite maison de Pohénégamook, avec ses lacs, ses forêts, ses grands espaces et la neige dès le mois d’octobre, un pays si différent du mien, moi qui vis au soleil des bords de la Méditerranée.*


Alors, un jour, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai traversé l’océan pour le rencontrer. Et immédiatement, nous nous sommes bien entendus.

Pourtant, la maladie avait déjà commencé à l’affaiblir et il marchait de plus en plus difficilement. Mais, je louais une voiture et nous partions visiter Québec ou voir les baleines à Tadoussac. Nous avons même fait, une année, une virée mémorable en Gaspésie. Je l’ai aussi emmenée revoir les terres de ses ancêtres malécites à Cacouna, admirer la cascade à Rivière du Loup ou l’envol des oies sauvages au bord du fleuve Saint-Laurent.

Mais ce qu’il préférait par-dessus tout, c’était s’installer face à sa baie vitrée et contempler inlassablement son lac dont les couleurs changeaient sans cesse tout au long de la journée pendant que je courais les bois, découvrais les sentiers alentours, rencontrais un sculpteur improbable ou explorais une base de loisirs désertée.


Le soir venu, il allumait un feu dans sa cheminée, nous nous installions chacun dans un fauteuil et nous discutions pendant des heures de tout et de rien.


Il me racontait sa vie, peu ordinaire, son enfance en révolte contre l’institution religieuse où on l’avait scolarisé et qui n’avait pas réussi à faire entrer dans le moule, le petit sauvage qu’il était alors. Plus tard, il n’avait pas voulu être professeur à l’université et contre l’avis de sa famille, il était parti filmer les ours blancs et les oiseaux du grand Nord canadien. Pour son métier, il avait voyagé aux quatre coins du globe.


Sa vie sentimentale aussi avait été mouvementé : un mariage, un divorce, un autre mariage qui avait échoué aussi. Quand je l’ai rencontré, il sortait d’une
rupture douloureuse qui l’avait beaucoup éprouvé. Il me parlait aussi souvent de ses enfants et petits-enfants qui vivaient loin de lui, au Japon, à Toronto et Vancouver. Il regrettait de ne pas les voir plus souvent.


Maintenant, il n’est plus là. J’ai perdu un ami, c’est un grand vide pour moi. De plus, comme je n’ai pas pu me rendre au Québec cette année, je n’ai pas pu véritablement lui dire au revoir. Ce sera un de mes plus grands regrets...

Mais il me reste les souvenirs de tous ces moments partagés, de toutes ces belles histoires qu’il m’a racontée, et des flamboyantes couleurs de l’automne au coucher du soleil sur le lac de Pohénégamook.

Mouette Moqueuse

 

mercredi 2 août 2023

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Je l'ai dit souvent mais Cousteau avait vraiment les oreilles bouchées, parce que si on écoute bien la mer ce n'est vraiment pas le monde du silence.

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mercredi 12 juillet 2023

Que nous dit-il?

Un petit mot pour Alicia...(six ans maintenant)  Pour dire qu'on ne peut pas toujours savoir, mais on peut très bien sentir...

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samedi 8 juillet 2023

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lundi 21 novembre 2022

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Je ne sais pas si elle est pour Alicia ou Louise, cette histoire. Disons que c’est une histoire pour tous ceux qui ont encore un cœur d’enfant, peu importe leurs ages.

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mardi 31 mai 2022

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Il y a des légendes de l’Oiseau-Tonnerre partout en Amérique. Mais l’origine vient certainement de la culture Haïda et probablement du peuple Kwakiutl, les fils de l’Oiseau. Voici celle que je préfère.

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Le Harfang et l'oie

Un texte que j'avais écrit il y a longtemps pour l'anniversaire d'une copine. Je vais le ré-écrire pour une jeune dame. J'espère qu'elle aimera.

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lundi 30 mai 2022

Isali et la Baleine

Une histoire pour ma copine Alicia (5 ans)  qui met en vedette Isali, ma copine épaulard. Il y a (un ou une on ne sait pas) épaulard très très malade dans le golfe de la Seine. Il est seul et doit être très très triste.

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lundi 23 mai 2022

SVP Sauvons les forêts

Ce n’est pas la pluie qui fait la forêt, mais la forêt qui fait la pluie. Il y a urgence de protéger le peu qu’il nous reste.

 

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jeudi 19 mai 2022

Ours et phoque

Ma copine Alicia, qui a maintenant 5 ans ne comprend pas comment un ours peut écrire des histoires à l’ordinateur… Jessssplique!

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vendredi 15 avril 2022

le Père Noël a besoin de votre aide

C'est d'abord un projet entre mon amie Alicia (maintenant 5 ans) et moi, avec de l'aide parce que autant à 5 ans que pour les ours écrire c'est difficile...

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