La soupe au Poticarré

Quand on a 5 ans, on joue sérieusement. Faire de la soupe, c’est sérieux. Alors nous avons fait de la soupe aux poticarrés.

D’abord nous sommes passés au marché pour acheter le nécessaire . Bien sur les trois sœurs Ayacolt (haricot) Ayoltli (potiron) et cintli (maïs sec). Je sais Elotl (maïs vert) c’est meilleur, mais en trouver en avril c’est impossible sauf en boite et nous aimons moins. Bien sûr Tomatl et Chilli (je ne traduirai quand même pas) et des herbes magiques pour que l’assemblage devienne de la soupe.

 

Pour le bouillon, nous avons hésité entre l’écrapou de pucerons (passablement sucré) et le jus de chatons pour nous rabattre sur le traditionnel pipi de coq.

 

– Tu es naîseux Papi, ce n’est pas du pipi c’est du bouillon. On prend une vieille poule et…

-Je ne veux pas le savoir, tu fais cela avec les vieux? Vas-tu faire du bouillon avec moi?

--Bien sûr que non, il faudrait t’arracher tout le poil ce serait trop long!

 

Elle apprend vite cette petite. Il y a espoir de sauver le monde. On revient à la maison en parlant de l’importance de ceux qui ont créé tous ces aliments, de la beauté et de la richesse de la forêt cultivée qui savait se reproduire sur plusieurs générations quand on la respectait.

 

Et puis on coupe. On fait des carrés. On garde les potirons pour faire des confitures à mettre dans des poti-pots ronds, et on fait des poti-carrés. C’est important les poti-carrés parce que sans eux il n’y aurait pas de grands carrés et peut-être même pas de carrés du tout. Il est un peu décourageant le Papi, ça ne sert à rien de lui expliquer… Son humour médiocre vient avec le reste, on accepte ou on fuit.

 

On sort le grand chaudron, cadeau de la sorcière Kiounik et on fait revenir les poti-carrés on ajoute le pipi de coq et les herbes on baisse le feu et on laisse mijoter, le temps de jouer à Mario… Ça, c’est une bonne journée.

 

 

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