Position : mon pire ennemi

Un texte que je réécris pour en affiner le sens. J'espère que vous aimerez.

Tu es ton pire ennemi. Il faut la force de se vaincre. Dépasse ton état animal, transcende tes pulsions sauvages pour devenir l'homme nouveau, celui qui dominera le monde pour apporter le bien-être à tous. C'est par où qu'on déserte?

Dans la guerre sainte contre moi-même, le Jihad contre moi sauvage, j'ai décidé de déserter. Je ne sais pas comment me vaincre, alors j'essayerai de m'apprivoiser. Être meilleur? Il faudrait que je sois le mal et que je sache où est le bien. Mais à voir tout le mal que la recherche du bien produit, je n'ai pas tellement envie de m'administrer cette médecine. L'appliquer aux autres? il n'est en pas question, si je ne suis pas certain qu'elle est bonne pour moi, comment pourrais-je penser qu'elle pourrait être bonne pour un autre?

La clé de cette question se trouve justement dans la question du « je ». Pour Socrate, son bonheur est le bonheur de la Cité, son idée du « Bien » est le bien d'Athènes. C'est pourquoi quand Athènes lui impose de boire la cigüe parce qu'il perturbe le bien de la Cité, il n'a d'autre choix que de mourir. Mais depuis Descartes: « je pense donc je suis » et cette rupture radicale entre les autres et moi, fait que je peux seul décider de ce qui est Bien.

Et puisque le monde ne me satisfait pas, le Bien devient donc une transformation du Monde, et donc ma propre transformation. Cette très belle idée a malheureusement un vice. Le Monde dans cette perspective n'est jamais satisfaisant. Cela produira la Charte des droits de L'homme ( et moins de la femme). La révolution industrielle, et puis le repli sur soi du romantisme qui débouchera sur l'homme nouveau du Fascisme. Cela produira Liberté, Égalité, Fraternité, les grands mouvements sociaux, le socialisme et puis l'Homme nouveau Stalinien.

Ce n'est pas une question de mesure, de savoir où s'arrêter. C'est une question de méthode. C'est une façon de penser le Monde qui conduit à ce piètre résultat. Il faut redécouvrir ce « nous » qui porte le Monde. Un « nous » qui ne sera ni national, ni génétique, ni raciale, ni... un nous qui devra être fondé sur la simple réalité d'être ensemble et d'empêcher ensemble, tels que nous sommes, de voir le Monde s'autodétruire. Pour cela le chemin n'est pas du coté du plus de biens, de qualités, de propriétés, mais du coté du moins de transformation, du moins de pollutions, du moins de déchets, du moins de destructions. Apprendre à être heureux avec ce que nous sommes, plutôt que de vouloir transformer soi mais surtout l'autre.

C'est parce qu'on a considéré le Monde comme un bien propre que l'ennemi devient sale. Et comme je ne veux pas être un Malpropre, je dois choisir le bien commun (et refuser la propriété).
 

Fil des commentaires de ce billet