Kwakwawe et l’Oiseau-Tonnerre

Il y a des légendes de l’Oiseau-Tonnerre partout en Amérique. Mais l’origine vient certainement de la culture Aïda et probablement du peuple Kwakiutl, les fils de l’Oiseau. En voici ce que je pense la version originale.

Il y a longtemps les hommes se battaient beaucoup entre eux. Chacun d’eux disait que telle terre, telle rivière lui appartenait et que seul lui avait le droit de chasser ou de pêcher là. Alors plutôt que de chasser et de pêcher, ils se battaient entre eux si bien qu’il n’y avait plus de nourriture pour personne et que la survie de tous était menacée.

Alors un grand nuage noir est monté dans le ciel. Un vent énorme et une terrible grêle brisait tout, renversant les tentes, coulant les canots, détruisant les récoltes. Les hommes se sont réunis, sur la place du village, se demandant que faire. Un immense oiseau est venu de la mer, chacune de ses ailes avait la longueur de deux canots de guerre, de sa bouche sortaient des bruits énormes et ses yeux lançaient des flèches de lumière vibrante qui frappaient le sol. Les hommes terrifiés se sont couchés par terre pensant la fin du monde arrivée.

L’Oiseau-Tonnerre passa au-dessus du village et le battement de ses ailes faisaient naître des tornades. Mais plus étonnant encore, il tenait dans ses énormes serres, un épaulard vivant. L’Oiseau retourna à la mer pour déposer l’épaulard et revint au village en disant ceci : « La Terre est à la Terre, la Mer est à la Mer. Je serai le gardien de la Terre, et mon frère épaulard sera le gardien de la Mer. Nous ne possèderons rien, et si jamais un objet nous arrive, nous le donnerons à nos ennemis pour que la paix soit, et que tous puissent profiter de ce que la Terre et la Mer nous donne pour nous nourrir. »

Oeuvre de l’Artiste Kwakiutl Joe Wilson

C’est ainsi qu’est née la cérémonie du Potlash, et la paix entre les humains.

Je le sais parce que c’est Kawkwawé l'épaulard (celui qui parle la langue des Ailés en Kwakiutl) qui nous l’a dit. En voici le début :

Kawkwawé je suis, Kawkwawé dit : un grand nuage noir est monté dans le ciel… (On pourrait écrire aussi Caoukouaoué, et c’est vrai que son langage me fait penser à la langue de l'aigle.)