30-7 Billet pétage de bretelles

Se péter les bretelles, c'est exprimer sa fierté. Je suis très fier en général et je n'ai besoin de personne pour gonfler mon égo ( il exploserait facilement), mais quand un grand journal me met en lien, je suis fier.

Le Nouvel Observateur, c'est quand même un peu mieux que le Canard de Saint Coin-coin, non? Il y a de quoi faire preuve d'une certaine fierté! Alors sur le site internet de la revue, sur des papiers parlant des négociations de l'OMC, on met en lien un billet sur l'origine des subventions agricoles aux USA. Je l'ai trouver ici et dans la colonne: «  Sur Internet ». En ces temps de blogosphère très tranquille ça n'a pas fait exploser mes stats, mais quand même.

Vous n'avez pas besoin de cliquer partout voici le billet en question ( dont je n'ai pas besoin de changer un seul mot après 2 ans) :

Avant 1945, il n’existe pratiquement pas de subvention agricole. Mais c’est la fin de la Deuxième Guerre mondiale, et les USA se retrouvent avec des montagnes d’explosifs dont ils ne savent quoi faire. D’autant plus que l’industrie chimique hypertrophiée ne peut pas réduire rapidement sa taille sans affecter sérieusement l’économie du pays. Ces explosifs peuvent servir d’engrais pour certaines plantes, dont le maïs et le coton. Les USA subventionnent donc les agriculteurs pour qu’ils acceptent d’épandre ce truc dans leurs champs. Comme les subventions sont généreuses, les surfaces plantées en maïs augmentent rapidement et on se retrouve avec d’énormes surplus. La solution subventionner l’utilisation et l’exportation. Comme les pays pauvres n’ont pas l’argent pour acheter ce maïs les USA leur font des prêts subventionnés sur 50 ans pour qu’ils achètent le maïs. C’est l’origine de la dette qui étouffe maintenant ces pays. Comme il en coûte beaucoup moins d’acheter le maïs subventionné que de produire dans les champs, les pays du tiers monde voient leur agriculture s’effondrer et se constituer les immenses bidonvilles de personnes sans possibilité de travail. En Afrique surtout, cela provoquera une dette énorme, les « ajustements structurels » de la Banque Mondiale, la façon la plus sûre de détruire une économie et de plonger une population dans le désespoir. Comme cela ne suffit pas pour absorber les montagnes de surproduction, on nourrira des herbivores ( les bœufs) et des omnivores ( les porcs) avec des diètes de maïs. Le sirop de maïs est tellement peu cher, qu’on en met dans tous les aliments. Ici, il y en a même dans le sel. Mais pourquoi ne pas manger autre chose? D’une part parce qu’il est très difficile de trouver des aliments qui n’en contiennent pas et même alors, ils sont tellement chers que cela est réservé à une élite. Il y a eu ici, une tentative de coopérative de production de bœuf à l’herbe. Le prix de revient est de plus du double, et les chaînes d’alimentation refusent cette viande pas assez grasse. Les légumes? L’espace des terres agricoles est occupé par les productions subventionnées, et le coût du sol est tel que seules les productions subventionnées sont rentables. Le résultat est simple : l’obésité morbide. Le parallèle est parfait entre la courbe d’augmentation des subventions agricoles et celle de l’obésité. Je suis bien heureux d’avoir de l’huile d’olive extraordinairement subventionnée, on n’en paye pas le quart du coût. Oui, subventionnons les produits bio, la viande à l’herbe, le vin sans additif, les aliments naturels qui respectent les sols. Les aliments qui sont environnementalement soutenables. Il n’y aura plus de chômage et les campagnes sont peuplées. Et les pays du tiers-monde prospèreront.