L’impuissance de l’État

Par deux fois à mon émission de radio favorite (le 15-18 à Montréal), on a parlé de populisme et de crise de la classe politique, mais comme toujours sans nommer le véritable danger.

 

Les sondages sont on ne peut plus clairs, les citoyens disent qu’ils n’ont plus confiance dans la « classe politique » dans les élites qui ont « trahis » dans les experts qui ne donnent plus de réponses. Les populistes ont donc la possibilité de donner des réponses simplistes à des situations extrêmement complexes, comme les migrants, les accords internationaux, les taxes etc. L’État est géré par des incapables, qui ne font que couper dans les services publiques, et s’enrichir sur le dos des payeurs de taxes et laissant les riches et les corporations faire de l’évitement quand ce n’est pas de l’évasion fiscale.

 

C’est vrai qu’il n’y a pas de solutions simples. Mais, si on regarde pas l’origine du problème, les solutions ne seront que des montages, des tentatives pour masquer une réalité qui fait mal. Le premier rôle de l’État est d’assurer la répartition de la richesse. Depuis maintenant plus de 30 ans, l’essentiel de la croissance va à un très petit nombre (moins de 1%) et pour l’immense majorité de la population ne vit que l’augmentation de sa propre dette et la diminution des services.

 

Il n’y a pas de solutions simples parce que nous vivons dans une économie de marché, où ce n’est pas l’État qui est le gestionnaire de la croissance mais ce fameux 1% qui la fait comme de raison pour son propre profit. Et si ceux qui sont à la tête de l’État ne favorisent pas cette super-élite du 1%, il n’y aura pas de croissance dans cette région et le problème de la répartition de la richesse sera encore plus complexe.

 

Oui les hommes politiques trahissent : Ni par incompétence, ni par mauvaise volonté, mais par incapacité. Et le danger est là : la fin des systèmes démocratiques, vers des dictatures populistes vient de ce que la démocratie a besoin de vérité pour fonctionner. Et si les hommes politiques osaient dire oui il faut que les riches s’enrichissent davantage, pour que nous ayons de la croissance, il faut qu’ils puissent éviter qu’ils payent leurs juste part d’impôt pour qu’ils créent des emplois, il faut qu’ils aient une plus large part du revenu national...Clairement ils ne seraient pas réélus. Enfin ailleurs qu’aux USA.

 

Il y a des solutions, des solutions complexes qui passent par plus de contrôle des banques, par plus de contrôle des moyens de production, mais ça c’est du socialisme et c’est dangereux, certainement dangereux pour le 1%.

 

Trop facile de dire que les citoyens sont des imbéciles. Les citoyens ont bien conscience qu’ils sont les dindons d’une farce très amère. Si nous ne luttons pas contre la croissance des inégalités, clairement il y aura des populistes qui se feront élire, et le problème sera encore plus criant.

 

 

 

Commentaires

1. Le mercredi 15 mars 2017, 11:11 par Sacrip'Anne

C'est pareil dans les entreprises : ce sont les salariés qui ne supportent pas le changement.

Que les managers / directeurs n'aient aucune envie de s'adapter au vrai monde, ça, en revanche...