La lutte est politique

j'ai souvent parlé contre la pêche commerciale,  mais finalement tout ce que j'ai dit un grand expert le dit mieux que moi, alors j'aimerais vous le présenter

Daniel Pauly est né en France, mais il travaille depuis très longtemps à Vancouver. Les revues scientifiques se battent pour avoir ses articles et souvent ceux-ci marquent un tournant dans la façon d'aborder l'étude d'un problème. C'est que contrairement à la plupart des scientifiques qui sont très pointus dans un domaine très précis, Pauly pense très large, inclut des dizaines des champs de recherches dans ses réflexions, et fournit des thèses d'une fascinante clarté. Quand Pauly se prononce les experts doivent à tout prix en tenir compte pour rester des experts dans leurs domaines.

Le Monde en fait un portrait très intéressant.  On pourrait argumenter que son enfance si difficile l'a amené à être un iconoclaste, et un militant, ce qui fait assez peu scientifique au dessus de tout soupçon. Mais je pense qu'il est d'abord indigné. Pas déprimé, ni triste ni découragé, il est un homme indigné. Je pense que c'est pratiquement un pléonasme. Avec ce qu'on fait à notre petite Planète, l'indignation devient la première qualité d'un humain, la condition nécessaire pour être un humain. L'acceptation de la façon de vivre que nous impose le capitalisme est non seulement suicidaire, mais est devenue « biocidaire » la participation à la fin de la vie.

On peut étudier scientifiquement l'oeuvre de Pauly, particulièrement son immense « sea around us » qui fait le point sur l'état de la vie dans l'océan, on comprend l'urgence et l'importance d'agir.

Pauly dit très justement :

"Quand on me demande, à la fin d'une conférence, ce que chacun peut faire pour protéger les océans, je réponds qu'on ne gère pas les stocks avec son estomac, mais avec sa tête, lance-t-il. Je réponds : mangez ce que vous voulez, allez dans une ONG faire du raffut et utilisez votre bulletin de vote."

Je répète souvent que la lutte écologique est politique, et les gens me lancent des insultes parce qu'ils se voient obligés d'adhérer à des partis politiques qui ne sont que marchands d'illusions, faux fuyant et trahisons.

Oui trier ses déchets c'est important, mais ça n'empêche pas la folle machine de surproduction de tout détruire. Ça n'empêche pas les OGM, la folie des engrais et des herbicides, les chaluts qui détruisent tout et les subventions agricoles et aux pêcheries qui empêchent que se développent des solutions viables.

Les maîtres de la finance et du monde tentent de nous faire croire que nous sommes individuellement responsables de la folie dans laquelle ils nous ont entrainés. Maintenant que la crise révèle qu'ils étaient des menteurs, des voleurs et des assassins, faisons « un raffut » tellement bruyant qu'on enterra son nos cris d'indignation, les mensonges qu'ils propagent.

Commentaires

1. Le mercredi 4 mars 2009, 08:00 par La Trollette

Mouk-Mouk Pré-Si-Dent!
:o)
Ethymologiquement, la politique concerne l'organisation de la Cité. C'est vrai qu'actuellement, c'est plus synonyme de lutte pour le pouvoir qu'autre chose... A nous de redonner du sens au mot politique, de revenir à son sens premier.
Et ça n'implique pas obligatoirement l'adhésion à un quelconque parti politique.

Il me semble que faire chaque jour le choix de faire ses achats de façon plus consciente de leurs conséquences est un acte politique, non?
Penser que faire des choses en famille le dimanche, ça peut aussi passer par préparer quelques repas d'avance à réchauffer pour la semaine, avec des produits frais et non transformés, c'est aussi un acte politique, celui de refuser les discours qui nous disent qu'en dehors de la consommation non responsable, point de plaisir. ça n'empêche pas de trouver le temps d'une jolie promenade, d'une visite de musée ou d'une séance de cinoche.
Enfin il me semble...
Et tout çà ne coûte pas forcément cher en argent. Et ce sont des actes politiques dans le sens où cela participe de la vie de la Cité (sa petite cité personnelle, sa famille). Ce sont les moments passés à faire les choses ensemble qui créent du lien entre les gens.
Enfin je crois...
Mais c'est sûr que ça demande plus d'efforts... mais ça raporte aussi bien plus de satisfaction et ça ne demande pas non plus forcément des sommes folles...
Enfin... je vais encore me faire taxer d'utopiste, me faire accuser de vouloir retourner aux années 50 voire au Moyen Âge, d'être rétrograde etc...
Pas grave :o)

Des bizz mon GroNours!

2. Le mercredi 4 mars 2009, 12:48 par dieudeschats

J'avais lu cet article du Monde et comptait en parler, je suis heureuse que tu le fasses (et bien mieux que je n'aurais pu en parler !).

3. Le mercredi 4 mars 2009, 13:11 par Moukmouk

DDC--) J'ai hâte de lire ta version...

4. Le mercredi 4 mars 2009, 13:29 par la Mère Castor

ben moi je suis bien d'accord avec la Trolette. Tu vois mon Ours le problème dans notre vieux pays c'est qu'on ne sait plus bien pour qui voter, à force. J'ai l'impression que ça ne sert plus à grand chose, ça me dépasse.

5. Le mercredi 4 mars 2009, 19:53 par Marie-Aude

Les deux modes d'action sont nécessaires, à mon avis.

Si le recyclage ou le refus de manger du thon rouge en boite est une goutte d'eau dans l'ensemble des océans de la terre, c'est tout d'abord un geste politique, une affirmation de ce que l'on pense juste ou pas, raisonnable ou pas. Et c'est politique !

Mais c'est une goutte d'eau. L'ensemble des autres actions (ONG, et surtout bulletin de vote) est effectivement beaucoup plus important.

Je crois que l'un ne va pas sans l'autre.

Parce que recycler c'est bien, mais sans une action politique, cela se conclut facilement en "j'envoie mon vieux PC se faire découper à l'acide en Inde".

That's the shit.

6. Le jeudi 5 mars 2009, 07:43 par A'toshka

J'ai de plus en plus de mal a manger du poisson. Je me dis a chaque fois que je ne dsais pas combien il m'a coute en fait. Surement plus que ce que j'ai paye...Cela me stresse de faire un pari sur l'avenir a chaque fois que je remplis mon assiette.

7. Le jeudi 5 mars 2009, 08:42 par Bismarck

J'ai vu l'autre jour une annonce pour une maison "bioclimatique", ou quelque chose du genre. Même pas significativement plus chère qu'une maison normale. Alors pourquoi on ne développe pas ce type d'habitation? Evidemment parce que la volonté politique n'y est pas, parce que les lobbies du béton sont trop puissants...

8. Le jeudi 5 mars 2009, 11:41 par Tili

Fondes une ONG, Moukmouk, j'adhèrerai, je serai même au bureau avec toi si tu veux !
C'est très sérieux !

9. Le jeudi 5 mars 2009, 13:01 par Tili

Tu as vu le dernier numéro de "Panda" (le magazine de WWF) ? Tout sur la pêche ;-)

10. Le jeudi 5 mars 2009, 14:10 par Marianne68

L'écologie est un problème de politique et pas que l'écologie mais quand même par rapport à ce catastrophisme justifié ou non je me demande comment les tenants du pouvoir , politiques et bardés de pognon ,vont- ils survivre à la destruction de la terre ? Nous sommes dans le même bateau . Seraient -ils suicidaires ?
Je suis attachée à mon droit de m'exprimer par un bulletin de vote mais avant le bulletin 'il y a mille façons de manifester sa désapprobation et la non consommation est la première et la plus facile à utiliser .
Bon courage l'ours et fais attention la banquise est en train de fondre .

11. Le jeudi 5 mars 2009, 20:12 par Saveur

Marianne, c'est que beaucoup de ceux qui sont nés après guerre et ont connu les trente glorieuses, mai 68 (ici), ils s'en fichent comme d'une guigne de laisser une ardoise colossale à l'humanité, de ne pas laisser de monde à leurs enfants et petits-enfants. Ils ont gloutonné le monde et se comportent encore comme des carcajous.
Les politiques, c'est nous, si nous avons envie de débarquer les carcajous du pouvoir parce que c'est bien ce dont il s'agit. Alors les élections européennes peuvent être une formidable opportunité pour pousser des gens qui sont engagés dans la cité plus que les habituels gloutons de pouvoir.

12. Le vendredi 6 mars 2009, 14:10 par Moukmouk

Excusez-moi de ne pas avoir répondu, je n'était pas là, mais il n'est pas trop tard pour bien faire.

Saveur--) Tu as raison, il faut d'abord faire beaucoup de bruit, du raffut, pour dire que d'autres monde sont possible. Tant que chacun le dit dans son coin, les journaux peuvent parler de la majorité silencieuse, qui n'est que la majorité des sans voix. On en a assez de leurs conneries­.

13. Le vendredi 6 mars 2009, 14:21 par Moukmouk

Marianne--) Oui au raffut, à l'opposition et toutes les méthodes sont bonnes pour dire que ça suffit!

Tili--) ça me tente beaucoup, tu me montreras comment faire.

Bismarck--) effectivement, le lobby du béton, et la volonté de faire du fric plutôt que de loger les gens.

A'toshka--) Je pense que tu as tort de te faire autant de problèmes. L'offre de poisson n'a rien à voir avec la demande mais tout avec les énormes subventions. Personne n,en mangerait que ça ne changerait rien, tout comme la production du porc et du coton en Amérique, ce n'a rien à voir avec un quelconque marché. Tout comme le prix des aliments OGM qui n'ont de sens que parce que subventionnés.