Antiaméricanisme primaire

Mon antiaméricanisme est primaire, secondaire et tertiaire. Regardons cette fameuse reprise.

Il paraît qu'il y a une reprise aux USA. Oui pour les dirigeants des grandes banques subventionnées à coup de milliards. Oui pour les entreprises pétrolières qui ont le droit de forer partout même dans les parcs, même dans les endroits très fragiles.

Mais pour les 367056 petits propriétaires qui ont perdu leur maison en mars, ( hausse de 19% par rapport à février et de 35% par rapport à l'an dernier) et cela malgré l'aide fédérale, la crise n'est pas terminée, bien au contraire. Et toutes ces faillites contribuent à faire baisser le prix des maisons en dessous de la valeur de l'hypothèque, si bien que les voisins n'ont plus aucune raison de continuer de payer la leur. Rien n'arrête cette spirale.

Le vrai problème, pour protéger les revenus des très riches, Bush et Obama ont diminué les taxes sur les hauts revenus et taxé lourdement le logement, pour que ce soit les pauvres qui payent pour les services. Résultat: les routes et les ponts s'écroulent, la santé publique est menacée, et on ferme les écoles publiques.

Dans un article comme on en lit presque chaque jour dans le New-York Times on apprend que

dans la plupart des districts scolaires, on mettra des enseignants à pied tout simplement parce qu'on a plus d'argent pour les payer. La Californie congédiera 22 000 enseignants, l'Illinois 17 000 et New-York 15 000. Et bien sûr, qu'on met à pied un enseignant, ça fait longtemps qu'on ne répare plus les écoles que les gymnases sont fermés et qu'on achète plus de livres ou de manuels scolaires.

Les enfants ? Les enfants de riches vont déjà dans les écoles privées, les parents de la classe moyenne vont se saigner aux quatre veines pour tenter de les envoyer, et les autres... les autres, ils crèveront.

Dans un pays ou 40% de la population pense que l'assurance maladie pour tous est anticonstitutionnel, l'école publique est en train de le devenir aussi. De toute façon quel espoir peut-on avoir dans des écoles aussi médiocres.

Le rêve américain n'existe que sur les écrans de cinéma, pour la majorité c'est un enfer. Cette poussée d'acnés ( cette montée de lait si vous préférez) vient d'une discussion qui vient de probablement clore une amitié. C'est triste 

Commentaires

1. Le mercredi 21 avril 2010, 15:05 par Beautymist

et c'est pas dur de continuer d'y vivre malgré tout, en Amérique ?

tu me diras, je vis en France et je suis loin d'être contente. mais quand même plus contente que si j'étais en Amérique !

il faut absolument que tu lises la série "Bruno" par christopher Baldwin. C'est un webcomics génial, social et politique, et que j'ai en partie traduit en français !

bises,

BM

2. Le mercredi 21 avril 2010, 15:09 par Beautymist

je te file le lien : http://www.baldwinpage.com/bruno.ht...

bises,

BM

3. Le mercredi 21 avril 2010, 15:32 par Candy Froggie

oh je connais le goût amer de ces discussions sans issue entre amis... ça prend aux tripes tellement cela peut devenir intense...je connais un peu le sujet en soit également... souvent évoqué de mon côté avec quelques amis américains proches... mais la mentalité américaine est tellement différente qu'il y a comme une incompatibilité de point de vue. Pour moi l'immensité des US, tous ces "pays" qui n'en forment qu'un rend toute tentative de réforme intelligente très compliquée (mais mes potes américains ne sont déjà pas d'accord là-dessus! lol)

elle n'est pas rabibochable ton amitié brisée?

becs au passage....

4. Le mercredi 21 avril 2010, 18:02 par Moukmouk

Candy--) impossible de savoir, a priori je dirais non, mais la vie est pleine de surprise.

Beauté--) merci pour le lien, moi-aussi j'ai envie de grogner contre les français parfois, mais au moins vous ne considérez pas comme imbécile de payer les frais de santé du voisin, quand il payera les nôtres un jour.
L,argument premier d'une dame par ailleurs intelligente était qu'il est impossible d'avoir une assurance maladie aux USA à cause de l'obésité qui afflige les pauvres. Vaut mieux les laisser mourir. je lui ai proposé la peine de mort pour excès de poids.

5. Le mercredi 21 avril 2010, 18:08 par Nanouk

Depuis quand on doit avoir le même point de vue sur tout pour être amis?
Et oui, tu es un anti-américain primaire... L'éducation va certes mal aux États-Unis, mais malheureusement ce n'est guère mieux aux frontières de l'Empire, quand je vois comment ça se passe ici ou même en France :/

6. Le mercredi 21 avril 2010, 19:50 par Moukmouk

Nanouk : attention l'école d'ici au quand même dans les 5 premiers à PISA alors que la France est en milieu de peloton et les USA loin à la traine. Il n'y a vraiment pas de comparaison possible.

il n'y aura jamais d'assez bonnes écoles, mais il y en a de nettement meilleures.

7. Le mercredi 21 avril 2010, 21:32 par Tili

Taper sur l'école devient un mouvement mondial on dirait...
Je me demande qui a inventé PISA sinon, leurs critères sont discutables.
A présent des gouvernements veulent changer l'éducation pour améliorer le classement à PISA carrément idiot...

8. Le mercredi 21 avril 2010, 21:41 par Moukmouk

tili--) bien sûr tous les tests sont très contestables. Le seul avantage de Pisa est de tenter de mesurer des compétences à 15 ans, en dehors des références habituelles pour comparer des systèmes scolaires.

Les résultats donnent raison au socio-constructivistes (comme moi), mais taper sur l'école est un sport qui date de très loin comme de dire que les enfants sont de plus en plus imbéciles, alors que nos sociétés sont de plus en plus complexes

Pisa, est certainement contestable, mais actuellement c'est le seul qui fait un vrai comparatif des systèmes scolaires des pays développés.

9. Le jeudi 22 avril 2010, 09:27 par Miyax

Oui, doublement triste... Ce constat si amer et la fin d'une amitié.
Je t'embrasse

10. Le jeudi 22 avril 2010, 15:34 par Nanouk

Oue enfin, regarde les communautés inuites où l'école est tout bonnement une mascarade... Quelle chance nos gouvernements offrent-ils réellement à ces jeunes?
Et pis PISA... La vérité est que tu sois ici, aux États-Unis ou en France, si tu es pauvre et que tu habites un quartier défavorisé, tu as peu de chances que l'école fonctionne comme ascenseur social...

11. Le jeudi 22 avril 2010, 15:53 par Moukmouk

Nanouk--) le problème Inuit n'est pas à l'école, et tant qu'il n,y aura pas de solution de trouver à l,autre problème, l'école sera une mascarade.
le problème de l'ascenseur social, n,est pas non plus un problème d'école mais de classe sociale qui protège ses privilèges. il y a plus d'ascenseur social au Québec parce que la classe bourgeoise est moins forte, pas parce que l'école est plus ou moins bonne.

Demandons à l'école de transmettre des outils de liberté, un début de pensée scientifique, et des techniques pour apprendre. Déjà c,est beaucoup. Le reste, les jeunes devront le faire par eux-même, comme toujours.

12. Le samedi 24 avril 2010, 19:12 par eddie

Le problème de l'école, en France en tout cas, c'est que quasiment tout le monde veut qu'elle ne prépare qu'à un métier, qu'elle soit utile et fonctionnelle tout de suite, et ce dès le collège, alors qu'elle doit au moins jusqu'au bac être un outil d'apprentissage, apprendre à apprendre, ouvrir les yeux sur le monde, la pensée, la connaissance... enfin, il me semble, non ?

13. Le samedi 24 avril 2010, 19:34 par Moukmouk

Eddie--) Alors que les fils des riches ont droits aux grandes écoles, la reproduction des classes sociales. la connaissance, c,est une arme trop dangereuse, ça fait longtemps que la religion le dit.

14. Le mercredi 28 avril 2010, 15:06 par LiseCC

Pourquoi la fin d'une amitié, MoukMouk ? Je suis américaine, fière de l'être, fière de mon pays, fière de NE PAS faire partie de ceuxqui écument les 50 états en toute impunité ET fière d'être d'accord avec ton article ci-dessus sur presque tout. Il en faudrait beaucoup plus pour casser mon amitié pour toi.

Chaque pays a un système scolaire différent, il faut avoir cotoyé les deux ( francais et americain) pour pouvoir en parler. Ici, il y a un elitisme qui barre la route aux pauvres... sauf lorsqu'un/une "pauvre" saura faire preuve d'intelligence supérieure et d'un courage de loup: il ou ellepourra continuer ses etudes dnas uneuniversiteprestigieuse ( etprivée) sans avoir à débourser un dollar - mais il faudra que ses resultats scolaires soient top niveau. Et alors, avant meme qu'il/elle sorte de l'universite, les grosses entreprises lui offriront des places de choix et tenteront de l'acheter. Ce qui, a mon sens, est deplorable,mais il faut savoir ce qu'on veut : un bel avenir doré en esclavage ? ou une belle liberté quelque peu misérable ?

Il faudrait faire tout un livre pour l'expliquer.

Et enfin, à la question de Beautymist " c'est pas dur de continuer d'y vivre malgré tout, en Amérique ? ", je réponds du fond du coeur : " Pas du tout ! au contraire,c'est très,très agréable :j'habite dans le nord-est, dans une petite ville très jolie,avec de vieilles maisons, à quelques heures de l'océan, à 3 heures de Montréal, à 5heures(d'avion) de Paris. Ma ville est pauvre, lesmaisons nedepassentpas 150.000 dollars ( en valeur), le maire (démocrate) s'est arrangé pour aider au maximum les gens touchés par la crise immobilière et comme mes voisins etmoi même sommes des gens à petits revenus, les sauts et soubresauts de Wall Street ne nous ont pas touchés.
Dans ma rue, il n'y a qu'une voiture par famille, les gens vont travailler, profitent de leurs week-end, marchent sur les trottoirs, s'occupent de leurs enfants : bref, comme vous et moi. Que voulez-vous dire, par "dur" ? "