Programme pour la gauche : L’éducation

La France promeut une école de la reproduction des élites et de la sélection. C’est une source importante des difficultés économiques et sociales de ce pays.

Pour un pays qui investit autant en éducation et qui dit faire de l’école républicaine le socle de sa société, c’est étonnant de constater que a) les tests Pisa la confine dans la petite moyenne des pays de l’OCDE, que b) la qualité de l’éducation a beaucoup diminué depuis 2003, et que c) l’école française est parmi les plus inégalitaires.

 

C’est simplement que l’argent est dépensé au mauvais endroit. Il y a une voie ou les enfants des riches sont particulièrement choyés et performent au dessus des moyennes internationales, alors que les enfants des pauvres se traînent dans les bas fonds des évaluations. Dans tous les pays du monde les enfants des riches ont de meilleurs résultats (peut-être parce qu’ils mangent mieux) mais la France en a fait un système très bien décrit par plusieurs pédagogues dont Bourdieux.

 

Les enfants doués, disons le 30% supérieurs, n’a pas besoin de l’école sinon pour se faire des copains et passer le temps pendant que les parents travaillent. Ils ont les outils pour apprendre ailleurs tout et mieux que ce que l’école peut faire. Par contre les enfants qui ont des problèmes (au moins le 30% inférieurs peu importe l’origine) ont absolument besoin d’être dépistés et suivis avec des spécialistes pour qu’ils aient une chance minimale de se débrouiller dans nos sociétés. C’est là qu’il faut investir en diminuant la taille des classes et en y plaçant les meilleurs éducateurs et spécialistes.

 

Le problème se continue à tous les niveaux. Le réseaux des grandes écoles bien financées qui reproduisent les élites se développent au dépend de l’université.

 

On a plus besoin d’une école qui sélectionne qui seront les cadres et qui seront les ouvriers parce qu’on a plus besoin d’ouvriers. On a besoin de jeunes créatifs qui croient qu’ils ont un avenir dans le pays. On dit que des jeunes décrochent de l’école, non ils en sont évacués parce qu’ils sentent bien qu’ils n’ont pas de place dans le monde qu’on leurs proposent. Et ça c’est la source de la délinquance et du terrorisme.

 

Un policier coûte plus cher qu’un enseignant. Quand on réclame plus de policiers, plus de surveillance et de contrôle on demande moins d’enseignants, d’espoir et d’intégration. C’est la voie la plus certaine de l’effondrement du lien social et de l’économie d’un pays.

 

Les enseignants de France sont au moins aussi bons que ceux des autres pays. Dommage qu’on se serve des meilleurs pour enseigner à ceux qui n’en ont pas besoin alors que ceux qui en ont vraiment besoin sont laissés pour compte.

Commentaires

1. Le mercredi 31 août 2016, 19:51 par Sacrip'Anne

Ah ça, la sélection par les bons en maths et la reproduction des élites, on aime. Mais si on donne des chances à tous, comment on fait pour se sentir supérieur, hein ;)

Beau programme auquel j'ajouterai : formons mieux les enseignants, formons les tout au long de leurs carrières, n'ayont pas peur des alternatives.

Et laissons-les faire. Ils savent.

2. Le mercredi 31 août 2016, 20:02 par Moukmouk

Sacrip'anne--) bien sur la formation continue est aussi nécessaire en enseignement qu'ailleurs, et les profs sont aussi bons en France qu'ailleurs. je veux juste dire qu'il faut mettre le fric là ou les enfants ont des problèmes.

3. Le mercredi 31 août 2016, 21:06 par Sacrip'Anne

On est bien d'accord !

4. Le jeudi 1 septembre 2016, 14:57 par Bismarck

Apparemment, il y a déjà plus de moyens dans certaines académies que dans d'autres: une collègue s'étonnait beaucoup de nous entendre parler classes à 36 élèves, quand elle, venant du Nord, n'en avait jamais eu plus de 30. Mais il est certain aussi que, 35 élèves dans notre lycée à côté d'une "cité", ce n'est pas la même chose que 35 élèves au lycée du centre-ville.
La reproduction des élites, un temps en recul, a repris du poil de la bête, c'est évident.