Chouette Chouette boréale

A l’Auberge de l’Ours qui danse, les clients changent quand le vent tourne. C’est donc bien important pour l’aubergiste de suivre la météo.

Il vente du sud depuis deux jours mais je le sens ce sera la renverse bientôt. En altitude les nuages ont changé de direction et le ciel se nettoie très rapidement. Un puissant vent du nord arrive, les oiseaux l’ont bien perçu pour ceux qui vont passer l’hiver dans le sud, c’est le temps de partir, monter très haut et se laisser pousser vers des contrées où le temps sera plus clément.

 

Facile de voir la manège des oies, des bernaches, mais les bruants, les sittelles et beaucoup de passereaux prennent ce train, même si c’est beaucoup plus difficile à observer. Même les colibris ont fait les bagages plus tôt que d’habitude. Ce vent doit être puissant et très favorable. Comment font-ils pour le savoir? Je n’en ai pas la moindre idée. Je sors… tenter de voir… comprendre.

 

C’est presque le silence, sauf chez les mésanges qui ont toujours quelque chose à dire, le pic flamboyant qui cherche son dîner indifférent aux mouvements des nuages. Et puis j’entends un Pou-Pou-Pou très rapide! Et une réponse, il y en a deux! Étrange ce n’est ni le lieu ni le moment du jour comme de l’année des chouettes boréales ici?(Aegolius funereus, chouette de Tengmalm) Elles sont sans doute dans la pinède un territoire qui ressemble à leurs univers. Je ne cherche pas à les voir, les ours ont une mauvaise vue et elles sont particulièrement difficiles à observer.

Je les connais parce que j’ai jadis participé à une opération de bagage à Tadoussac il y a quelques années. Ce sont des nyctales des chouettes de nuit, qui migrent par la rive-nord du fleuve, et qui chantent surtout au printemps quand elles essaient de former des couples. Que font-elles ici en plein jour à chanter? C’est la première fois que j’en entends ici.

 

Je tente ma technique habituelle, la boite de sardines. Je les achète par grosses caisses et ça m’a permis de me faire des amis tant chez les souris les marmottes et les loutres, que chez les oiseaux. Je n’ai pas fait 20 pas que ma boite (ouverte) est attaquée! J’ai mes jumelles : je les admire…

 

Ce grand vent en altitude les a poussé très loin en dehors de leurs route. Elles sont perdues, épuisées, affamées sans doute apeurées, mais à choisir mourir de faim ou sous la dent d’un prédateur, vaut mieux prendre le risque.

 

Elles sont trop familières avec la boite de sardines. J’imagine que loin dans le nord où elles ont passé l’été, il y a un autre aubergiste pour les oiseaux qui utilise ma technique. Non des souris, c’est mieux pour les chouettes. Mais je ne fais pas l’élevage des souris (même si certaines années je le fais involontairement) … Cela vous semble peut-être banale, mais pour moi, ce sera un grand moment de mon année.

 

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