Plongeon chez le petit frère bavard :
vendredi 29 septembre 2006, 22:07 General Lien permanent
Je l’ai promis hier, il me reste à plonger dans la rédaction. Je vous avertis, ça donne froid dans le dos, et pas précisément dans le dos, mais c’est comme ça, la vie nous joue parfois de sales tours.
Ce sont les Iri Akoï (iroquois) qui l’appellent le petit frère bavard, et ils ont bien raison. Peu d’animaux terrestres ont un vocabulaire aussi étendu, et un plaisir à s’exprimer aussi grand que le castor. On ne le sait pas parce que c’est un animal de la forêt, surtout nocturne et sa voix n’est pas très forte. Il faut écouter. Voilà ce que cela donne de très près :
Il m’est arrivé de trouver très tôt le matin un bébé castor qui s’en doute s’était perdu en cherchant à retourner chez lui. Pas très rapide sur terre je n’ai eu aucune difficulté à l’attraper. Je n’avais qu’un seul but le retourner à l’étang pour qu’il retrouve sa maison. Il faut quand même le tenir fermement et se mettre les doigts loin des dents. Un petit de 3 kilos à peine peut vous mordre sérieusement. Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre la boule de poil se mettre à couiner et grogner, pour se plaindre de la façon dont je le traitais. La rencontre fut brève, 2 minutes à peine et j’entendais ce que je crois être le papa taper de la queue sur l’étang pour à la fois m’avertir et appeler le petit. À l’eau petit fugueur, j’espère que tu auras la correction que tu mérites.
Le castor n’avait sans doute pas peur de moi. Un adulte pèse facilement 25 kilos, et n’a que très peu de prédateurs. Risquer le combat avec ce puissant rongeur doit être très dangereux. Les petits par contre font un dîner très gras et savoureux.
Mon histoire : hier matin, après ma visite à la loutre, (c’est vrai, il faut que je vous en reparle bientôt), je montais la montagne et comme d’habitude j’ai traversé la rivière sur le barrage qu’ont construit les castors. Je ne sais pas par quoi il a été fragilisé, mais la digue a cédé sous mon poids plume. Pourtant, je suis passé par là des dizaines de fois. La digue s’ouvrait rapidement et j’ai du courir pour ne pas être emporté avec l’ensemble de l’ouvrage. Je ne me sens pas coupable, il y a une autre raison à cette catastrophe.
Mais voilà, j’étais de l’autre côté de la rivière, il me faut retraverser. J’y pense 400 mètres plus bas, il y a une autre digue. Depuis qu’il n’y a plus de trappe pour la fourrure, les castors pullulent dans la montagne. Personne ne s’en plaint, c’est la meilleure protection contre les incendies de forêt.
Je suis arrivé trop tard, le coup d’eau du premier barrage a fait éclater le second. Le courant est très fort et je dois traverser. Descendre jusqu’au lac pour trouver un passage me rallongerait d’au moins 3 kilomètres et j’aurais à me mouiller. Alors, aussi bien le faire ici. L’eau qui descend de la montagne en cette saison est très froide, et j’ai 4 kilomètres à faire avec un jeans mouillé et avant de retrouver un peu de chaleur. J’ai évité le rhume, je suis bien content, mais les articulations grognaient particulièrement, lors de ma marche ce matin.
Je suis retourné sur les sites, et déjà les travaux de la nouvelle digue étaient très avancés. J’ai pensé couper un arbre ou deux pour participer à la réparation de mon dégât. Mais, je n’étais pas sûr de choisir les bons, et on ne coupe pas un arbre pour rien.
Commentaires
vendredi 29 septembre 2006, 22:08
samedi 30 septembre 2006, 09:21
Encore un ou deux exemples comme ça et il fautdra penser au régime.
samedi 30 septembre 2006, 09:29
eh ben, cher ours, mollo sur le phoque...
samedi 30 septembre 2006, 13:55
J'ai pourtant dit que cela n'avait rien à voir avec mon poids. je reviens d'aller voir les castors, Il y a déjà plus d'un mètre d'eau dans leur étang, et avec la pluie de cette nuit ça monte rapidement. Ils ont complètement changé la géométrie du barrage, Il doit y avoir un problème dans le sol ( une poche de glaise par exemple) qui a provoqué le glissement du barrage.
samedi 30 septembre 2006, 23:21
je crois me souvenir d'un cours de biologie où on nous avait dit que le castor est, avec l'humain, le seul animal qui modifie son environnement pour que celui-ci corresponde à ses goûts en matière d'habitat. un rongeur-constructeur...
apparemment le castor serait stressé par le bruit de l'eau courante, et donc dès qu'il entend que ça coule quelque part, il s'empresse d'aller boucher le trou. du coup, il construit barrage après barrage, et on s'était dit qu'en argentine (? en Amérique du Sud en tout cas) ça préviendrait la sécheresse d'une certaine zone. et ils ont... importé des castors.
sauf que comme tu dis, ils n'ont quasiment aucun prédateur, et encore moins là-bas. du coup ils ont pullulé, et à force de faire des barrages, ont complètement inondé la zone. celle-ci est aujourd'hui méconnaissable et la faune + flore qui y vivaient ont disparu.
le castor sait faire son métier.
mais l'homme se prend un peu trop souvent pour un dieu...
samedi 30 septembre 2006, 23:54
Dodinette--) au contraire, la plus part des animaux adaptent leurs environements, que dire des fourmis, des termites, des guèpes et les grands troupeaux... C'est le bison qui fait la plaine, et sans oiseaux, il n'y aurait pas de forêt... mais il y a toujours l'équilibre, tôt ou tard. Si une espèce devient dominante elle crée le lieu de sa disparition. En suradaptant un environnement, on crée le lieu des épidémies, et le point faible où l'équilibre reviendra. Je crains que ce sera aussi le cas pour l'homme. il se croit en sécurité dans sa ville, mais il est tellement dépendant des systèmes ( transport énergie etc) que c'est ce qui le tuera.
Le castor adapte des territoires pour lui, mais comme il y a peu d'espace adaptable, les étangs qu'ils créent deviennent surpeuplés et l'épidémie tuent la plupart.
dimanche 1 octobre 2006, 08:10
Je suis contente que tu t'en sois sorti sans bobo
et c'est bien de ne pas couper les arbres pour rien. Je reviens des nouveaux locaux tres chics de la boite d'un ami. J'etais choquee en visitant les jardins faits de vieux arbres rempotes la en pleine force de l'age...on voit que certains n'y survivront pas...J'avais l'impression d'etre dans un zoo, quelle tristesse!
dimanche 1 octobre 2006, 08:11
Et huhu j'adore la tete de mon mari a chaque fois que je mets tes bandes sons assez forts pour qu'on puisse croire que le son vient de dehors ^^ Sur, les castors ca change des perroquets!
lundi 2 octobre 2006, 10:29
Et depuis quand les ours mettent des jeans?! Décidément, on a encore beaucoup à (ré)apprendre de ce monde méconnu qu'est la nature! ;)))