Message intrigant du Nord
mercredi 3 octobre 2007, 23:10 General Lien permanent
Si j'ai bien compris, l'origine du message vient d'une mère de clan quelque part près de l'Alaska, il a été transmis de clan en clan à une vitesse folle et frémissante, la charge émotive y est très grande, peut-être en comprendrez vous le sens...
Je comprends ce que les gens disent. C’est pénible, je n’en ai pas l’habitude. Je déteste ça. Les gens parlent, j’entends sans avoir besoin d’écouter et je comprends. C’est infernal. J’ai l’impression de me mêler de ce qui ne me regarde pas. D’ailleurs ça ne m’intéresse pas, je ne veux pas savoir.
Oui bien sûr ça fait longtemps que je comprends les mots, des mots des gens, des humains... chaque fois que j'approche d'un quai, je les entends : «regarde, regarde, il y a une baleine!» D'abord je ne suis pas une baleine, je suis une épaulard, le plus grand des dauphins. Et je comprends très bien le babillage des enfants, les mots des amoureux qui regardent la mer, les pêcheurs qui se racontent qu'il n'y a plus de poissons... je le sais très bien, il n'y a plus de poissons.
Mais maintenant j'entends aussi ce qu'ils pensent. Je les entends très bien comme si ils parlaient épaulards comme moi, je n'entends pas seulement les mots mais aussi les émotions, ce qu'ils ressentent et ce qu'ils appellent leurs pensées mais qui n'est qu'un ramassis de peurs profondes, de jalousies et craintes de l'autre.
C'est qu'ils sont seuls. Ils ont perdus le sens du groupe, le fait d'être ensemble, alors forcément, ils ne sont plus capable de comprendre ce qui se passe. Même l'amoureux qui dit: « je suis tout à toi » pense: «mais qu'est-ce qu'elle pense vraiment de moi? » comme si ce moi avec une quelconque importance dans le fait d'aimer. Comme si justement aimer ne commençait pas par accepter que l'autre, les autres avaient plus d'importance que « je ».
Une femme a regardé l'amoureux et a pensé : « je veux cette homme, j'en ferai mon homme », alors puisque je comprenais sa pensée, j'ai dit NON ! La femme s'est mise à crier, une simple voix dans sa tête et elle se croyait folle. Comment le simple fait de vouloir être avec elle, peut lui faire croire qu'être avec signifie folie? Pourquoi se sont-ils coupé de la communication avec les autres au point de ne plus entendre que sa propre voix?
Oui c'est infernal! Les humains vivent l'enfer enfermés en eux-même, comme si l'enfer était les autres alors qu'il n'est que le manque de lien. Je ne veux rien savoir d'eux, parce que je ne peux rien savoir d'eux sans perdre ce que je suis uni aux miens. Je refuse de me laisser enfermer dans la prison de mon corps. Je suis avec vous, avec tout ce qui vit.
C'était ma participation au sablier d'automne de Kozlika et Samantdi...
Commentaires
jeudi 4 octobre 2007, 02:00
Salut Moumouk,
(mais ce n'est pas grave)
Après les textes écrits par des chats (chez les autres participants), en voici un écrit par une baleine, pardon par un épaulard lol. Oui, mieux vaut être épaulard qu'humain, du moins à l'heure actuelle (mais ça changera).
Dzana
PS 1 : ça fait bizarre de lire un texte avec une grosse tête d'ours en face de soi
PS 2 : Tu as un peu triché, il ne fallait rien rajouter avant l'accroche
jeudi 4 octobre 2007, 14:08
Qu'est-ce qui se passe pas de commentaire... bon, je vais revenir à mes petites habitudes...
jeudi 4 octobre 2007, 15:07
Toute la difficulté de l'emploi de la première personne dans un texte ou dans une phrase...
jeudi 4 octobre 2007, 17:38
La charge émotive est si grande que j'en suis restée muette... d'admiration.
Très beau texte Moukmouk. Vraiment.
jeudi 4 octobre 2007, 18:02
Un commentaire de plus.... Ton texte n'est pas craquant, il est fondant. Voilà, j'ai fondu à sa lecture. Comme toujours.
jeudi 4 octobre 2007, 18:17
Oxygène--) merci c'est encourageant, souvent quand je parle de la notion de clan, de groupe, j,ai l'impression de parler martien ou "baleine"...
Kinka--) merci, tu sais quand j'entends les baleines, la charge émotive est toujours tellement forte...
Léo--) oui surtout quand après on ne veut refuser cette notion de "je" centre du monde.
jeudi 4 octobre 2007, 20:05
Il est très bien, le billet, je pense que la petite explication juste avant la citation de l'annonce ne te vaudra pas le piquet des billets rebelles
jeudi 4 octobre 2007, 20:31
Samanttdi--) merci merci j'ai eu franchement peur au piquet, pire au bonnet d'âne.
vendredi 5 octobre 2007, 18:43
Il existe un peuple, quelque part en Amérique du Sud, tout près du ciel, qui appelle l"homme blanc "le petit frère". Ce peuple espère que son petit frère deviendra vite grand, avant d'avoir tout massacré.
Et si les épaulards descendaient des montagnes...ou que le grand frère était sorti de la mer ?